Des Bushmen torturés racontent leur calvaire

Des informations nous sont parvenues selon lesquelles un groupe de Bushmen du camp de relocalisation de Kaudwane ont été torturés et brutalisés. Sur les 15 hommes qui ont été arrêtés à la fin du mois de septembre pour avoir chassé, une dizaine ont été torturés.

Ces dernières arrestations portent à 53 le nombre de Bushmen inquiétés cette année pour avoir chassé. Le gouvernement ne leur a pas délivré un seul permis de chasse en 2007 alors que la Haute Cour du Botswana avait jugé ce refus illégal.

La police et les gardes forestiers ont conduit trois hommes, Vitanon Mogwe, Mphato Mothoiwa et Nabedao Mamou, dans la réserve naturelle du Kalahari central et les ont fait courir dans le désert pendant plusieurs heures, sous une chaleur torride, en les suivant à bord de leurs véhicules. Ils les ont battu, les ont roués de coups de pied et ont étranglé Vitanon et Mphato à l’aide d’une chambre à air.

A une autre occasion, trois hommes ont également été forcés de courir dans le désert. D’autres Bushmen ont été victimes de menaces et de mauvais traitements ou privés d’eau et de nourriture. Certains ont été contraints d’avouer avoir chassé sous la torture.

L’un des gardes forestiers a menacé Mphato Mothoiwa : « Si tu ne nous dis pas la vérité, si tu n’avoues pas avoir tué un éland, tu subiras le même sort que Selelo ». Selelo Tshiamo est mort en 2005 suite aux mauvais traitements et aux tortures que lui avaient infligés les gardes forestiers.

Les Bushmen ont gagné leur procès en décembre 2006, la Haute Cour du Botswana ayant déclaré qu’ils avaient illégalement été expulsés de leur territoire en 2002 par le gouvernement.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : « Ces trois dernières années, la police et le Département de la faune et la flore ont torturé ou battu au moins 63 Bushmen accusés de chasser et ils en ont arrêtés 53 depuis le début de l’année. Leur objectif est on ne peut plus clair : terroriser les Bushmen pour les dissuader de retourner chez eux. Cette politique de violence est nécessairement vouée à l’échec. »

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