Des bouffons désarticulés par Spike Lee

 » The very black show « , le nouveau film de Spike Lee se déroule dans le monde des médias. Le cinéaste américain établit un parallèle troublant entre la situation actuelle des Noirs américains et celle des années 30.

Pierre Delacroix, seul scénariste noir d’une grande chaîne de télévision veut séduire son patron, avide d’audience. Jusqu’à présent, aucune de ses idées n’a débouché sur une émission à succès.  » Dela  » lui expose un  » show nègre  » du troisième millénaire.

Deux Noirs, Mantan et Sleep’n Eat, qui viennent de la rue, présentent un divertissement parodique très populaire : mélange de musiques, de claquettes, de sketches comiques… Ces comédiens afro-américains se sont grossi les lèvres avec du rouge à lèvres et noirci le visage, appelé  » black face  » comme d’antan, en brûlant des bouchons avec de l’alcool et en ajoutant de l’eau.

Ils sont assimilés à des idiots exploités par les Blancs, des nègres ridicules qui doivent faire rire. De la haine, de la propagande, du racisme, des clichés trop habituels ressurgissent.

 » Etre noir, c’est beau « 

Cette comédie dramatique révèle le problème des Afro-Américains des années 1930 qui ne pouvaient se produire sur scène. Ce film mène à une meilleure compréhension de la condition des Noirs américains.

Malheureusement, le succès fulgurant du show va finir par dépasser les acteurs. Le talk show aboutit à un néant parce que jamais  » les Noirs ne réussiront à animer une émission sans qu’il y ait meurtre, conflit de la part des mécontents de la communauté noire « . Spike Lee tire à boulets rouges sur tout le monde, victimes et bourreaux.