Denis Sassou N’Guesso officiellement élu au Congo

La Cour Constitutionnelle congolaise a statué défavorablement lundi 4 avril sur les recours déposés par plusieurs candidats malheureux suite à l’annonce des résultats complets de l’élection présidentielle congolaise. Conséquence logique, elle a par la même occasion officiellement proclamé Denis Sassou N’Guesso élu.

C’est l’épilogue de ce qui restera sans doute comme l’élection la plus ouverte que la République du Congo ait connue depuis l’indépendance : Denis Sassou N’Guesso, qui avait obtenu par référendum en octobre 2015 l’adoption d’une nouvelle constitution caractérisée par de nombreuses avancées démocratiques, a donc été réélu le 20 mars 2016 Président du Congo par 60,19% des suffrages exprimés par 68,92% des électeurs, qui ont donc participé largement à ce scrutin.

Le réexamen rigoureux des résultats bureau par bureau conclut donc à un score légèrement inférieur à celui qui avait annoncé par la Commission électorale Indépendance (60,39%) le 24 mars.

Mais le résultat est bel et bien là, et avec 60,19% Denis Sassou N’Guesso réussit son pari : l’emporter au premier tour contre une pluralité de candidats représentant toute la diversité de la sphère politique congolaise. Ses principaux rivaux Guy Brice Parfait Kolelas et le Général Jean-Marie Michel Mokoko ne dépassent pas à eux deux un tiers des suffrages exprimés.

Journée agitée

Ce résultat vient conclure un journée agitée, tant dans les quartiers sud de Brazzaville où d’anciens miliciens ninjas ont tenté, dans la nuit de dimanche à lundi, de s’emparer d’un Commissariat et de provoquer une insurrection, que les forces de l’ordre sont rapidement parvenues à stopper, que dans la ville frondeuse de Pointe Noire où les candidats de l’opposition avaient réalisé leurs meilleurs scores.

Le succès remporté par Denis Sassou N’Guesso ne fait pas que des heureux dans les rangs des opposants qui espéraient imposer une alternance rapide, il est toutefois le résultat d’un travail politique de fond mené depuis l’été 2015, avec l’inauguration dans toutes les régions du pays d’un grand nombre d’infrastructures dont la construction se poursuivait depuis plusieurs années : axe routiers importants qui désenclavent des régions entières du territoire congolais, barrages hydroélectriques qui améliorent l’approvisionnement en électricité, hôpitaux régionaux, infrastructures sportives et universitaires réalisées à la suite des Jeux Africains de septembre 2015 et en prévision de la rentrée 2016, aménagements urbains spectaculaires qui changent le visage de Brazzaville, et ainsi de suite.

Le poids des réalisations concrètes

La campagne a en effet été l’occasion de mettre en évidence le fait que le Congo Brazzaville est aujourd’hui en nette progression selon tous les critères du PNUD, en matière de Développement Humain, et que c’est le pays africain qui consacre la plus grande proportion de son budget annuel au développement des infrastructures et des équipements structurants. Ces investissements pour l’avenir sont aussi, avec la stabilité politique et la sécurité civile, les meilleurs arguments pour attirer les groupes industriels et commerciaux du monde entier, désireux de s’implanter en Afrique centrale.

La mise en oeuvre du programme de Denis Sassou N’Guesso pour les cinq années qui viennent passe d’abord et avant tout par la mise en place de la « nouvelle gouvernance » instituée par la Constitution votée en octobre 2015 : suppression de la peine de mort, parité homme-femme, création d’un poste de Premier Ministre responsable devant le Parlement, décentralisation, prise en compte des hiérarchies traditionnelles.

Une nouvelle étape dans l’histoire du Congo

Autant de mesures positives qui pourraient bien faire du mandat qui commence un mandat décisif dans la construction démocratique congolaise. Prochaine étape : les élections législatives, qui donneront à l’opposition l’occasion de défendre une nouvelle fois ses propres options économiques et sociales.