Démolition du Centre culturel français : Paris-Kigali, le désamour s’amplifie

La démolition du Centre culturel français à Kigali est le symbole du désamour diplomatique qui s’amplifie entre Kigali et Paris, actuellement au plus bas.

Plus rien ne va entre Paris et Kigali. La démolition du Centre culturel français à Kigali est le symbole de la détérioration des relations diplomatiques entre Paris et le régime de Paul Kagamé. Le Centre culturel franco-rwandais a été démoli à la pelleteuse. Les gravats sont encore visibles dans la capitale rwandaise. Tout a commencé lorsqu’en 2008 Kigali a établi des normes fixant la hauteur maximale des bâtiments des quartiers de la capitale. Le Centre culturel français ne répondait pas aux nouveaux critères établis par Kigali.

Malgré tout, Paris n’abandonne pas pour autant le Centre culturel, bien placé au centre de la capitale. Laurent Contini, premier ambassadeur nommé après le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Rwanda, propose une solution. D’autant qu’il entretient de bonnes relations avec le régime de Kigali. Il met sur la table un projet pour la construction d’un nouvel immeuble, avec un partenaire privé. Il propose alors que le Centre culturel occupe une partie de cet ensemble, et le reste des locaux par un privé retenu sur dossier. Seulement, ce privé n’a pas été trouvé dans les délais fixés par Kigali, qui s’est impatienté. D’autant que la mairie de la capitale rwandaise avait prévenu que si le projet ne voyait pas le jour, le terrain serait confisqué par l’Etat. C’est ce qui s’est passé.

Des relations qui vont de mal en pis

Bien que les autorités rwandaises aient récupéré le terrain, le directeur adjoint de l’Institut français au Rwanda, Maurice Brouard, a affirmé que la France n’avait pas abandonné ses activités culturelles. « L’école française continue de fonctionner sans problème », a-t-il expliqué, selon l’Agence d’information congolaise.

Une affaire de plus qui vient davantage polluer les relations houleuses entre Kigali et Paris. Et elles ne sont pas prêtes de se normaliser, surtout depuis que les juges parisiens Marc Trévidic et Nathalie Poux ont annoncé avoir achevé leur instruction sur l’attentat contre l’avion du Président rwandais Juvénal Habyarimana en avril 1994.