Déforestation alarmante, tragique inaction !

Réuni cette semaine en Italie, le comité des forêts de la FAO à rendu public son rapport sur l’Etat des forêts en 2007. La situation est particulièrement préoccupante sur le continent africain où 3 millions d’hectares de forêts tropicales ont été rayés entre 1990 et 2005, l’équivalent chaque jour de la surface de Paris… Greenpeace demande à la France et aux instances internationales d’aller au delà du constat alarmiste et de prendre les mesures qui s’imposent, notamment dans le bassin du Congo.

Communiqué de presse : Rome, le 15 mars 2007

Entre 2000 et 2005, sur l’ensemble de la planète, la perte nette de forêts s’établit à 7,3 millions d’hectares par an, soit 20 000 hectares par jour. En Asie du Sud-Est, en Amérique latine et en Afrique, la déforestation continue à un rythme très préoccupant, compromettant mode de vie des populations, biodiversité et équilibre global du climat… Si Greenpeace se range à la conclusion de la FAO : « Les forêts et la population souffrent de méthodes d’exploitation menant à la
destruction et au gaspillage », elle appelle à prendre d’urgence les mesures appropriées : mise en place d’aires protégées, encadrement de l’exploitation du bois, promotion d’usages moins destructifs de la forêt. « Encore une fois, la situation est grave, mais des solutions existent. Encore une fois, les décideurs politiques plient l’échine devant des intérêts économiques à court terme ! » précise Grégoire Lejonc, chargé de campagne Forêt africaines à Greenpeace.

L’Afrique concentre à elle la moitié de la déforestation. Les pressions combinées de l’industrie du
bois et de l’exploitation agricole sur brûlis ont amputé le continent de 9% de sa surface forestière entre 1990 et 2005.

La situation est particulièrement grave en République Démocratique du Congo (RDC), où se situent les deux tiers de la seconde forêt tropicale de la planète. Relativement préservé, cet espace exceptionnel est à la croisée des chemins. Au sortir de dix années de guerre civile, gouvernement et bailleurs de fond doivent décider dans les semaines à venir de l’avenir de l’exploitation industrielle du bois. « L’enjeu est crucial : 60 millions d’hectares de forêts naturelles – soit la taille de la France – risquent d’être affectés aux exploitants industriels alors même qu’aucun zonage écologiquement et socialement pertinent n’a été fait ! Les risques pour la population et la biodiversité sont immenses.» précise Grégoire Lejonc.

La prolongation du moratoire sur l’attribution de nouveaux titres forestiers en RDC est un premier élément de réponse concret pour enrayer un phénomène mondial gravissime. Interpellé par Greenpeace lors du sommet France-Afrique en février à Cannes, Jacques Chirac s’est engagé à ce que la France soutienne ce moratoire et soit le moteur d’une politique internationale de protection active de la biodiversité dans le bassin du Congo. La communauté internationale, Banque Mondiale en tête, doit ensuite aider le gouvernement Congolais à assainir son secteur forestier et à promouvoir des usages moins destructifs de la forêt.

Pour plus d’information : voir le site de Greenpeace