Déclaration de politique générale : le Sénégal, un hub économique en chantier

Le troisième gouvernement du régime du Président Macky Sall accordera une place prépondérante à l’économie. Cela, conformément à la vision du chef de l’Etat contenu dans son fameux Plan Sénégal Emergent (PSE). Dans son discours de politique générale, le Premier ministre Mohammad Boun Abdallah Dionne a donné un avant-goût des perspectives économiques pour les années à venir.

A Dakar,

Et si d’ici 2017, le Sénégal devenait un hub couru de toute l’Afrique ? Ce n’est point un mirage. Le gouvernement piloté par le Premier Ministre Mouhammad Boun Abdallah Dionne en a fait son cheval de bataille. « Ce que nous voulons en définitive, c’est placer le Sénégal sur les mêmes rampes que les nations émergentes, et assurer son intégration harmonieuse à l’économie mondiale » souhaite-t-il devant les parlementaires. Un vœu pieux auquel les parlementaires ont répondu favorablement.

Renforcement des liens intersectoriels entre l’agriculture et l’industrie


Mal noté dans les derniers classements du Doing Business des mois précédents, le Sénégal a pris une belle revanche en se classant dans le Top 10 africain. Cela, sous la dictée de Mouhammad Dionne. Pure coïncidence diront certains. Soit, mais la feuille de route sur le plan économique est claire et sans équivoque. Aussi, selon le Premier ministre, « l’option a-t-elle été? prise de fortifier et de diversifier les sources de la croissance, en opérant une relance de ses moteurs historiques et en en créant de nouveaux emplois a? travers la forte impulsion qui sera donnée aux secteurs agricole, industriel, minier, touristique et a? l’habitat ». Ainsi, la transformation structurelle de l’économie se fera donc à travers le renforcement des liens intersectoriels entre l’agriculture et l’industrie.

Dans le secteur agricole, l’Etat promet de sortir la grosse artillerie pour que, à l’instar des autres nations comme la Chine, l’Agriculture soit la rampe de lancement de l’essor du Sénégal. Le capitaine de l’équipe de Macky Sall comme le raille Me El Hadji Diouf confie est d’avis que « l’Etat s’engage, d’ici 2017, a? réaliser un programme de forages agropastoraux, a? aménager au moins 90.000 ha de terres, a? créer au moins 150 fermes intégrées et 274 fermes villageoises modernes, qui généreront respectivement 28.000 et 60.000 emplois. En matière d’aménagements agricoles, nous comptons valoriser le potentiel de 350.000 ha de terres irriguées dont seulement 130 000 ha sont en cours d’exploitation ».

Vaste programme de relance des industries

Le temps fort de cette déclaration de politique générale du Premier ministre aura été l’annonce du redressement industriel de certaines entreprises tombées en léthargie depuis belle lurette. Une mission impérative surtout dans un contexte où les entreprises sont appelées à être compétitives avec l’entrée en vigueur des APE. A ce propos, il souligne que « le redressement industriel passera également par l’accélération de la mise à niveau des entreprises, afin de préserver la qualité et la compétitivité de leurs produits et leur conformité avec les exigences des marchés intérieurs et extérieurs ».

Dans ce nouveau programme de redressement du tissu industriel qui est d’ailleurs en phase de finalisation, il est prévu une restructuration de la Nouvelle Société Textile du Sénégal, des industries manufacturières ainsi que la privatisation de la SOTEXKA. Il est prévu, « d’ici à 2018, la création de trois parcs industriels pour favoriser l’émergence de pôles manufacturiers à haute valeur ajoutée ». Le premier parc de 50 hectares sera implanté à Diamnadio (35 km de Dakar) avant fin 2015. Les premières entreprises délocalisées y seront installées en 2016. Un budget de 20 milliards de Francs CFA est déjà prévu à cet effet. En attendant 2015 pour la concrétisation de cet ambitieux programme.