Déclaration à la presse de M. Herman Van Rompuy, Président du Conseil européen, suite à la rencontre avec le Président du gouvernement de la Tunisie, M. Hamadi Jebali

Je suis très heureux d’avoir rencontré aujourd’hui le Président du gouvernement de la
Tunisie, M. Jebali, à l’occasion de sa deuxième visite à Bruxelles en 2012. Cette rencontre
a été l’occasion de réaffirmer le caractère privilégié de la relation entre la Tunisie et l’Union
Européenne.

Aujourd’hui, en ligne avec les messages que j’ai envoyé à l’Assemblée Générale des
Nations Unies, ainsi que lors de ma rencontre avec le Président Markouzi à New York, j’ai
souligné que malgré les difficultés de toute transition politique, tout doit être fait afin que
les acquis de vingt mois de transition démocratique deviennent irréversibles. La Tunisie a
vu éclore le Printemps arabe au début 2011, et est vouée à continuer à en nourrir l’esprit et
les acquis.

J’ai réitéré le soutien de l’Union européenne à tous ceux et celles qui travaillent pour la
démocratisation de la Tunisie et l’ancrage de valeurs essentielles, qu’ils soient responsables
politiques, hommes d’affaires, syndicalistes, ou autres membres de la riche société civile du
pays.

M. Jebali m’ai fait part des progrès du processus politique national, et en particulier des
avancées de la nouvelle Constitution et des réformes législatives, ainsi que de la
préparation des futures élections, qui suivront l’approbation du texte constitutionnel.

Nous avons passé en revue les nombreux chantiers de l’appui européen à la
démocratisation et à la relance économique du pays, qui se base sur quatre volets:

1. Des relations politiques plus ambitieuses: l’Union européenne reste déterminée à
avancer avec la Tunisie vers un partenariat privilégié à travers un nouveau plan
d’action.

2. Une coopération financière accrue, au service de la relance économique et de la
transition démocratique: l’UE a presque doublé le volume de la coopération financière
avec la Tunisie pour la période 2011-2013, en faveur de la relance économique, de
l’emploi, de la réforme de la justice, de la compétitivité des services, et des régions
défavorisées, avec 400 millions d’euros engagés pour 2011-2012.

3. Plus de commerce, pour une meilleure intégration de la Tunisie au marché européen:
notre objectif final reste l’établissement d’une zone de libre échange complet et
approfondi avec la Tunisie. Dans ce cadre, l’Union européenne offre la perspective
d’une intégration progressive de l’économie tunisienne dans son marché intérieur.

4. Plus de mobilité, migrations et partenariat entre les peuples. L’UE est prête à conclure
un partenariat pour la mobilité avec la Tunisie. Cela constituerait le premier
partenariat conclu avec cette région, en claire reconnaissance du rôle pionnier de la
Tunisie dans le Printemps arabe.

Les assurances de la volonté des autorités tunisiennes de rendre irréversible la
transformation démocratique du pays sont clés pour pouvoir continuer à approfondir notre
coopération.

Nous avons aussi rappelé le caractère essentiel d’un dialogue franc et constructif. Les
événements récents ont montré la nécessité de travailler ensemble, à tous les niveaux, pour
apaiser les esprits et pour favoriser une meilleure compréhension réciproque. La tolérance,
le respect et le dialogue restent la seule arme pour promouvoir une meilleure
compréhension entre nos sociétés.

Finalement, j’ai souligné au Président Jebali mon intention d’engager régulièrement le
Conseil Européen sur les développements de nos relations avec la Tunisie et d’autres pays
du Printemps arabe et je lui ai fait part de mes souhaits de visiter la Tunisie et la région
dans un futur très proche.