Déchéance de nationalité : Crime contre l’Histoire, la Politique et le Droit

Les Français d’origine africaine sont des Français à part entière. Pas seulement pour les raisons invoquées généralement. Aussi parce que les Africains ne cessèrent d’être Français, il y a un demi-siècle, que parce que l’Etat français leur refusa de l’être.

Après avoir combattu héroïquement pour la France pendant les deux guerres mondiales, la plupart des Africains aspiraient à l’égalité dans la fraternité avec leurs compatriotes métropolitains qui, d’ailleurs, y consentaient dans leur écrasante majorité, comme le prouvèrent les résultats du référendum consécutif à ce que nous avons appelé ailleurs « la Révolution de 58 ». En détruisant l’unité franco-africaine, en refusant l’égalité et la citoyenneté aux Africains, le Chef de l’Etat, Charles de Gaulle, trahit donc à la fois les Africains, les Métropolitains, l’Afrique et la France.

Il faut le rappeler avec force et inlassablement : être d’origine africaine en France aujourd’hui, c’est être d’une origine qui n’est étrangère que parce que la Ve République blanciste en décida ainsi, et l’imposa aux Africains.

Par conséquent, lorsque Nicolas Sarkozy prétend déchoir de leur nationalité française des citoyens d’origine africaine (car ce sont évidemment des citoyens d’origine africaine que cible, de fait, la mesure présidentielle), il s’apprête en réalité à renvoyer ces hommes à une citoyenneté qui n’est étrangère que parce qu’elle fut jadis voulue telle, et imposée comme telle, de façon antidémocratique et anticonstitutionnelle (Affaire gabonaise, 1958 ; Loi 60-525, 1960), à leurs parents et grands-parents.

De là, qui ne voit que le projet sarkozyen est à la fois scandaleux, odieux et monstrueux, en termes d’Histoire, de Politique et de Droit ?