Décès de Lydia Ewandé, l’une des premières comédiennes africaines du cinéma français

La comédienne et célèbre chanteuse Lydia Ewandé, originaire du Cameroun, est décédée le 20 avril dernier à l’âge de 83 ans dans le Loiret, en France.

De notre partenaire KADIDIA.COM

Le monde de la culture a perdu un immense talent. La comédienne et chanteuse Lydia Ewandé, originaire du Cameroun, est décédée le 20 avril dernier à l’âge de 83 ans dans le Loiret, en France, a annoncé sa fille Emma Linieres. Cette véritable pionnière a été l’une des premières comédiennes africaines du cinéma français des années 50 et 60. « Ma mère s’est toujours battue pour promouvoir la culture africaine et notamment pour que les femmes africaines soient reconnues dans leur milieu. C’est vraiment le grand combat de sa vie », explique à Kadidia.com l’une de ses trois filles Emma de Linieres.

Il faut dire qu’en 50 ans de carrière, Lydia Ewandé a travaillé avec Peter Brook, Jean Becker, Thomas Gilou, Euzhan Palcy, MathieuKassovitz, Roger Blin, Jean-Marie Serreau … Elle a également reçu de nombreuses récompenses telles que le Prix Jean Cocteau et le prix de la meilleure actrice au Festival du film sud Africain.

« C’est la comédie qui l’a trouvée »

Pourtant rien ne la prédestinait à évoluer dans le milieu artistique. Venue en France à l’âge de 20 ans pour effectuer des études afin de devenir expert comptable, elle a eu une révélation lorsqu’elle a pris ses premiers cours de théâtre. C’est de là que sa passion pour la comédie est née. « C’est la comédie qui l’a trouvée », affirme sa fille. Puis, de fil en aiguille, elle tisse sa toile, et son talent ne passe pas inaperçu. Sa filmographie riche témoigne en effet de son savoir-faire. A la télévision, sa dernière prestation a été le rôle de Grand-Mère Cal dans « Les Mariés de l’Isle Bourbon » d’Euzhan Palcy, régulièrement diffusé sur France Télévisions. Elle reste aussi dans les mémoires grâce à ses rôles inoubliables dans des séries et téléfilms tels que L’Instit, « Les Grands frères », « Madame le Proviseur », « Une famille formidable », « Navarro », « Inspecteur Lavardin »…

Au théâtre aussi elle a marqué les esprits. Elle a joué entre autre dans Les Nègres de Jean Genet mis en scène par Roger Blin, « La Tragédie du Roi Christophe » d’Aimé Césaire mise en scène par Jean-Marie Serreau, ou encore « Mesure pour Mesure » de William Shakespeare mis en scène par Peter Brook.

Au cinéma, elle a joué dans « Yamakasi » de Julien Seri, « J’ai horreur de l’amour » de Laurence Ferreira-Barbosa, « Elisa » de Jean Becker, « Toxic Affair » de Philomène Esposito, « Black Mic Mac » de Thomas Gilou, « Métisse » de Mathieu Kassovitz, « Marche à l’ombre » de Michel Blanc.

Elle n’était pas seulement comédienne mais aussi chanteuse. La musique était l’autre passion de sa vie. Ses disques, « A bog esia wam », « Ebi Weka », « muna tete », « Dibato la ndôlô », « Ebokw’a tete » ont été salués par de nombreux mélomanes également. Lydia Ewandé n’est pas seulement l’une des premières comédiennes africaines du cinéma français, elle est aussi un exemple de réussite et d’abnégation dont beaucoup de jeunes peuvent s’inspirer.