Débâcle du Sénégal au Mondial : Dakar en larmes après le cruel scénario contre la Belgique


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La déroute du sénégal
La déroute du sénégal

Le rêve s’est arrêté aux portes des huitièmes de finale. Battus par la Belgique (3-2 après prolongation) au terme d’un scénario renversant, les Lions du Sénégal ont quitté la Coupe du monde 2026 mercredi soir à Seattle. À Dakar, des milliers de supporters ont suivi la rencontre dans les rues, les restaurants, les fan-zones et les foyers. De la joie des premières minutes à l’immense désillusion du coup de sifflet final, la capitale sénégalaise a vécu toutes les émotions d’une soirée qui restera gravée dans les mémoires.

A Dakar,

La nuit est tombée sur Dakar, mais personne ne semblait prêt à dormir. Quelques minutes après le coup de sifflet final, les écrans géants installés dans plusieurs quartiers diffusaient encore les images des joueurs sénégalais effondrés sur la pelouse de Seattle. Dans les rues habituellement animées, le silence avait remplacé les chants qui avaient accompagné les premières heures de la soirée de ce mercredi 1er juillet 2026. Les Sénégalais, du moins beaucoup d’entre eux, allaient passer la nuit la plus longue de leur existence.

Une capitale en fête avant le coup d’envoi

Pendant plus de quatre-vingts minutes, toute une ville avait cru à un nouvel exploit des Lions. Avec deux buts d’avance face à la Belgique, le Sénégal semblait tenir sa qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde. Mais les Diables Rouges ont inversé le cours du match dans les derniers instants du temps réglementaire avant d’arracher la victoire au bout de la prolongation grâce à un penalty transformé dans le temps additionnel.

Dès le milieu de l’après-midi, les grandes artères de Dakar avaient pris les couleurs nationales. Les maillots verts dominaient dans les transports, les cafés avaient installé des écrans supplémentaires et les vendeurs ambulants proposaient drapeaux, écharpes et vuvuzelas aux supporters. À la Place de l’Indépendance, plusieurs centaines de personnes s’étaient réunies bien avant le début de la rencontre.

« Nous avions confiance en nos joueurs après leur parcours »

« On sentait que c’était une grande soirée. Tout le monde était venu avec le même objectif : pousser les Lions jusqu’à la victoire », raconte Abdoulaye, commerçant. Dans le quartier de la Médina, les terrasses étaient bondées. Les conversations tournaient autour de la composition de l’équipe et des qualités de l’adversaire. « Nous savions que la Belgique était une grande nation de football, mais nous avions confiance en nos joueurs après leur parcours », explique Mariama, venue suivre le match avec sa famille.

Lorsque Habib Diarra a ouvert le score à la 25ème minute, Dakar a explosé de bonheur. Les klaxons ont retenti dans plusieurs quartiers, tandis que des groupes de jeunes envahissaient les rues en agitant le drapeau national. « À ce moment-là, j’étais convaincu que nous pouvions aller très loin dans cette Coupe du monde », affirme Cheikh, rencontré à Grand-Yoff. L’ambiance est devenue encore plus festive après le deuxième but inscrit par Ismaïla Sarr au retour des vestiaires. Les chants ont redoublé d’intensité et plusieurs supporters ont commencé à célébrer une qualification qui semblait se rapprocher.

L’explosion de joie après les buts sénégalais

« Quand Ismaïla Sarr a marqué, tout le monde s’est levé. Certains pleuraient de joie. On voyait déjà les huitièmes de finale », se souvient Awa.  La réduction du score par Romelu Lukaku à quatre minutes de la fin du temps réglementaire a progressivement changé l’atmosphère. Dans un restaurant des Almadies, les conversations se sont interrompues. Tous les regards restaient fixés sur les écrans. « Nous avons commencé à avoir peur. Contre une équipe comme la Belgique, un but peut tout changer », explique Moussa.

Quelques instants plus tard, l’égalisation de Youri Tielemans a plongé les supporters dans un silence presque total. « On n’entendait plus personne. C’était comme si le stade entier s’était transporté jusqu’à Dakar », raconte Fatou. Durant les trente minutes supplémentaires, les supporters continuaient d’espérer un exploit. À Pikine, plusieurs familles avaient installé des chaises devant leur maison pour suivre les dernières minutes de la rencontre.

Le penalty qui a tout changé

« Nous étions debout pendant toute la prolongation. Personne n’osait parler », raconte Ousmane. Dans un café de Liberté 6, les clients retenaient leur souffle à chaque offensive. « Chaque ballon semblait décisif. Nous espérions que les joueurs trouvent encore les ressources pour résister », explique Ibrahima. Lorsque l’arbitre a interrompu le jeu après l’intervention de l’assistance vidéo à l’arbitrage, les discussions ont immédiatement envahi les différents lieux de retransmission.

« Nous avons attendu la décision sans comprendre ce qui allait se passer », raconte Khadija. Quelques minutes plus tard, le penalty accordé à la Belgique a figé les milliers de supporters réunis devant les écrans. « Personne ne parlait. Tout le monde regardait le tireur. C’était un moment très difficile », affirme Alioune. Le tir victorieux de Youri Tielemans a provoqué une immense déception.

Une nuit de discussions dans toute la capitale

« Quand le ballon est entré, plusieurs personnes sont parties immédiatement. Certains sont restés assis sans dire un mot », confie Serigne. Malgré la défaite, de nombreux Dakarois ont tenu à saluer le parcours des Lions dans cette Coupe du monde. Au rond-point de Liberté 5, plusieurs groupes continuaient d’échanger après le match.

« Les joueurs se sont battus jusqu’au bout. Ils ont représenté dignement le Sénégal », estime Mamadou. À Ouakam, des jeunes supporters applaudissaient encore les images diffusées sur les écrans.« Nous sommes tristes, mais nous restons fiers de notre équipe. Elle nous a fait rêver pendant toute cette compétition », déclare Sokhna. Après la rencontre, les débats portaient sur les moments décisifs de la rencontre, les changements effectués par les entraîneurs et les occasions manquées par les deux équipes.

De l’espoir à la désillusion

« Ce match restera longtemps dans nos mémoires. Il s’est joué sur des détails », analyse Pape, ancien joueur amateur. Ce jeudi matin, dans les transports, les radios revenaient sur le scénario de la rencontre. Les passagers poursuivaient les discussions entamées devant les écrans. « Le football est parfois cruel. Nous avons longtemps cru à la qualification », lance Astou. Malgré l’élimination, les messages de soutien aux Lions se sont multipliés dans les rues de Dakar.

Devant un grand écran désormais éteint, quelques supporters repliaient lentement les drapeaux sénégalais. « Nous reviendrons encore plus forts. Cette équipe a montré qu’elle pouvait rivaliser avec les meilleures nations », affirme Idrissa. La capitale retrouvait progressivement son calme. Le parcours des Lions aura rassemblé des millions de Sénégalais tout au long de cette Coupe du monde. Dakar est passée, en quelques minutes, de l’espoir à la désillusion.

Alioune Diop
Une plume qui balance entre le Sénégal et le Mali, deux voisins en Afrique de l’Ouest qui ont des liens économiques étroits
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