De la RCA à la RDC, la terreur en exil

En juin 2002, le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM, aujourd’hui ONUfemmes) publie un rapport intitulé « Gender Profile of the Conflict in the Democratic Republic of the Congo », sur les conséquences du conflit congolais sur les femmes. Selon cette organisation, soldats de l’armée nationale congolaise, soldats rwandais, combattants des groupes rebelles, combattants Maï-Maï, groupes rebelles rwandais, burundais, tous ont eu massivement recours au viol et aux tortures sexuelles envers femmes et enfants.

En mars 2009, Human Right Watch (HRW) publiait un rapport sur les violences sexuelles en RDC. Le rapport, intitulé « La guerre dans la guerre », dénonce la guerre parallèle que mènent les parties impliquées au conflit : celle de la violence sexuelle contre les femmes et filles.

C’est cet enfer, que le président François Hollande, en 2012, a foulé en connaissance de cause. L’ancien président centrafricain, François Bozizé, a choisi de s’y réfugier. La RDC est le seul pays africain à partager des frontières communes avec neuf autres pays (Angola, Burundi, RCA, Congo, Rwanda, Soudan, Tanzanie, Ouganda et Zambie). Les conséquences s’en ressentent au plan sécuritaire et l’on voit affluer toutes sortes d’aventuriers dans cet all men’s land. La présence de Bozizé en RDC est donc moins subie que choisie par Kinshasa. Quant à l’appel du président fugitif, lancé à l’ONU, il est d’un ridicule.

Qu’ont fait les forces de l’ONU (MONUC), stationnées en RDC depuis 1999, pour protéger les civils ? François Bozizé croit-il vraiment que ce qui n’a pas pu être obtenu pour des femmes violentées et violées lui sera servi à lui sur un plateau ?

Courage au nouveau pouvoir de Bangui, dommage pour le peuple centrafricain

Voici un bon client pour Fatou Bensouda : en 2003, François Bozizé s’est emparé du pouvoir après des mois d’accrochages sanglants au cours desquels des milliers de Centrafricains ont été tués, violés, déplacés, humiliés. Dix ans plus tard, l’ancien chef militaire subit un lourd retour de manivelle que tout le monde avait vu venir.
Les centrafricains sont devenus coutumiers des modes de règlements extra-judiciaires et extralégaux, à Bangui et en province, la justice populaire y est presque une coutume locale, alors la chute de François Bozizé serait presque un non-événement si elle n’ajoutait pas à l’instabilité de ce pays parmi les plus pauvres de la planète.

Et le combat cessa faute de combattants

Bangui militarisée, martyrisée, paniquée, Bangui libérée ? Michel Djotodia, le chef des rebelles, va-t-il commettre les mêmes erreurs et finir dans les mêmes turpitudes que celui qu’il vient de déposer ? Sans aucun doute, à moins qu’il renonce à prendre la place du calife et se contente de relancer la machine institutionnelle centrafricaine grippée par toute cette violence continue.

Quelle est la place de la France qui, par la voix de Laurent Fabius, a confirmé le départ du président centrafricain et demandé de la « retenue » aux différentes parties ? La communication de la France aboutit finalement à exiger de François Bozizé qu’il reste où il est désormais et du chef de la coalition Séléka qu’il rejoigne le trône laissé vacant. Son action a consisté en l’envoi de troupes pour protéger ses intérêts dans ce pays aux richesses minières à peine toutes exploitées.