Darfour : pas besoin de soldats non Africains pour la force ONU-UA, selon Konaré

Le recours à des troupes non-africaines dans la force ONU-UA censée se déployer au début de l’année prochaine au Darfour ne sera pas nécessaire, a déclaré Alpha Oumar Konaré, le président de la commission de l’Union africaine, ce dimanche, à l’issue d’une rencontre avec le président soudanais Omar El Bechir. Les pays occidentaux sont néanmoins invités à contribuer financièrement à l’opération, chiffrée à plus de 2 milliards de dollars par an.

Par Maral Amiri

« Je peux dire que nous avons assez de promesses d’engagement de pays africains et que nous n’avons pas besoin de recourir à des pays non-africains », a déclaré Alpha Oumar Konare, ce dimanche, à Khartoum, à l’issue d’un rapide entretien avec le président soudanais Omar el Bechir. « La balle est maintenant dans le camp des Nations Unies », a ajouté le président de la commission de l’Union africaine.

Le chef de l’Etat soudanais a longtemps soutenu qu’une intervention de soldats non africains au Soudan serait une violation de la souveraineté de son pays et qu’il ne l’accepterait pas. Il n’en a pas moins accepté le déploiement d’une force hybride ONU-UA telle que décidée le 31 juillet dernier par le Conseil de sécurité de l’ONU.

La résolution 1769 prévoie le déploiement de 26 000 hommes (20 000 soldats et 6 000 policiers) au Darfour au début de l’année prochaine, afin de renforcer la force de l’UA (l’Amis), qui compte actuellement 7000 soldats sous équipés et mal payés. Au lendemain de son adoption, Omar el Bechir avait tenu à souligner que les forces non africaines ne seraient nécessaires que dans la mesure où les pays africains ne parviendraient pas seuls à mobiliser les 26 000 hommes prévus.

2 milliards de dollars par an

« [Nous] supportons la force d’Union Africaine, qui consolide les efforts du gouvernement soudanais pour assurer la sécurité, la paix et la stabilité au Darfour », a déclaré El Bechir suite à la rencontre avec Konare. Le Sénégal et le Malawi ont déjà promis d’envoyer des hommes au Darfour, Dakar ayant annoncé vendredi dernier le triplement de ses effectifs déjà sur place, passant de 538 à 1600 hommes. L’Union Africaine précise quant à elle que le Burkina Faso, le Cameroun, l’Egypte, l’Ethiopie et le Nigeria doivent également contribuer à cette force.

L’ONU, quand à elle, a annoncé il y a quelques jours que des pays comme l’Indonésie, le Pakistan, le Népal et le Bangladesh devraient également engager du personnel. Si les pays non africains n’envoyent pas de troupes au Soudan,ils n’en seront pas moins appelés à participer financièrement et matériellement à une opération dont le fonctionnement est chiffré à plus de 2 milliards de dollars par an.

Selon les Nations Unies, la composition définitive de l’Unamid sera décidée le 30 août prochain. Elle interviendra dans une région qui est depuis quatre ans le théâtre d’un conflit entre le pouvoir central, appuyé par des milices qu’il a armées, et des mouvements rebelles. On compte actuellement plus de 200 000 morts et 2,1 millions de personnes déplacées au Darfour.