Dany Laferrière, un nouvel immortel à l’Académie française

Le journaliste et écrivain québécois Dany Laferrière, né à Haïti, a été élu ce jeudi à l’Académie française.

L’écrivain canadien Dany Laferrière, né à Haïti, prend le fauteuil de l’auteur argentin Hector Bianciotti, décédé le 12 juin 2012, à l’Académie française. Elu au premier tour du scrutin avec 13 voix sur 23, Dany Laferrière est le premier Québécois et Haïtien à siéger sous la coupole fondée par Richelieu en 1635. Il fait désormais partie de ces immortels chargés de veiller au respect de la langue française et d’en composer le dictionnaire.

Dany Laferrière avait reçu en 2009, entre autres, le prix Médicis et le Grand Prix du livre de Montréal pour son roman « L’Enigme du retour » (édition abonnés), qui raconte son retour à Haïti, suite au décès de son père. « C’est extraordinaire, c’est un honneur pour Haïti. Cet honneur rejaillit sur tous nos écrivains et hommes de lettres », a déclaré Josette Darguste la ministre de la Culture haïtienne, rapporte Radio Canada.

Né à Port-au-Prince en avril 1953, Dany Laferrière a grandi à Petit-Goâve où il écrivait pour le journal Le Petit Samedi soir et a fait partie de l’équipe de Radio Haïti. C’est après l’assassinat de son collègue et ami, le journaliste Gasner Raymond, qu’il s’installe au Québec où il deviendra écrivain. Son premier roman, « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer », paru en 1985 (VLB), est un succès immédiat. Il décroche son ticket VIP dans le paysage littéraire québécois.

Ce « citoyen de l’Amérique », vit aujourd’hui entre Montréal, New-York et Miami. Outre son métier d’écrivain et journaliste, l’immortel à scénarisé quelques longs-métrages, dont des adaptions de ses romans traduits dans une douzaine de langues. Dany Laferrière, c’est aussi la Personnalité de l’année 2009 élue lors du Gala Excellence La Presse/Radio-Canada en janvier 2010.

Parmi les autres candidats à l’immortalité, une candidature n’est pas passée inaperçue. C’est celle d’Arthur Pauly, un lycéen de 15 ans. « Imaginons, en faisant un grand effort, que je sois élu, je deviendrais immortel à 15 ans ! Ne serait-ce pas merveilleux ? », avait écrit le jeune Arthur, passionné de littérature, dans sa lettre de candidature, acceptée par les académiciens. L’âge limite pour faire acte de candidature est depuis 2010 fixé à 75 ans, mais il n’y a pas d’âge minimum.