Dan Kamit : le petit nouveau de Motown France

Les mots et les couleurs, le premier album de Dan Kamit, la nouvelle signature de Motown France, est dans les bacs depuis quelques semaines. Mélange de plusieurs styles musicaux, de la variété française à la soul américaine, en passant par le jazz, le folk et la pop anglaise sans oublier évidemment la musique africaine, cet album symbolise ainsi le métissage, thème qui lui est très cher. A cette occasion, le jeune chanteur d’origine camerounaise présente son album à Afrik. Interview.

Dan Kamit est le nom à retenir cet été. Son tube Soleils d’août, extrait de son premier album Les mots et les couleurs, est diffusé sur toutes les radios de l’Hexagone. Nouvelle signature de Motown France, le chanteur s’est inspiré pour cet album de sons très variés qu’il a réussi à fédérer pour, au final, créer un univers teinté de chansons françaises, de soul, de pop et de sonorités africaines. Le jeune homme né en France et dont les parents sont originaires du Cameroun, a ainsi dédié une chanson intitulée Mon Afrique au continent qui l’a vu grandir.

Afrik : Comment êtes-vous arrivé à la musique ?

Dan Kamit :
Je suis né en France et j’ai grandi au Cameroun jusqu’à l’âge de 16 ans. J’ai commencé à chanter dans la chorale de mon école là-bas. J’ai ensuite fait du gospel pendant quelques années. Après je suis rentré en France pour passer mon Bac et j’ai continué à faire de la chorale parallèlement à mes études. Pendant mes années Fac, j’ai rencontré dans ma résidence universitaire des Nantais qui faisait du
hip-hop. Ils m’ont demandé de poser sur leur maquette et de les accompagner sur scène. Ensuite, j’ai rencontré Olivier De Rolland, mon manager, qui un jour par hasard en m’entendant chanter dans un ascenseur, m’a proposé de travailler avec lui.

Afrik : Et puis il y a eu la rencontre avec Motown France…

Dan Kamit :
C’est grâce à Diam’s, la rappeuse française également directrice artistique chez Motown France. Malgré ma rencontre avec Olivier, j’avais décidé de continuer mes études tout en faisant de la musique. A l’époque, vivre de ma musique n’était pas véritablement mon but, je le faisais surtout pour le plaisir. Mais grâce à Olivier, j’ai réussi à enregistrer quelques morceaux dont un qui s’intitulait Souriez apparu dans une compilation produite par la Fnac. Il y a eu un petit buzz sur ce titre qui a été assez positif. Diam’s en entendant ce morceau m’a contacté en promettant de me produire dès qu’elle pourrait. Promesse qu’elle a tenu dès qu’elle a été nommée à la tête de ce label.

Afrik : Quelles sont vos influences musicales ?

Dan Kamit :
Quand j’étais plus jeune, j’écoutais beaucoup la variété française parce que c’est ce qu’écoutait ma mère. C’était des chanteurs comme Goldman, Cabrel, Sardou, etc. A côté de ça, étant en Afrique, j’ai énormément baigné dans la musique africaine. À l’époque, j’ai eu un coup de cœur pour un artiste qui s’appelle Henri Dikongué. Il sortait un peu du lot parce que sa musique, c’était un mélange de jazz et de folk sur des paroles chantées en langue douala. Ensuite avec les années, je me suis mis à écouter beaucoup de musique Soul avec des artistes comme Tracy Chapman ou Boys II Men, mais aussi la pop anglaise avec des groupes comme Coldplay.

Afrik : Comment définirez – vous votre album ? Est-ce un mélange de tout cela ?

Dan Kamit :
C’est un album métissé. J’ai un timbre vocal qui est soul, je chante sur des musiques très variées, autant folk que pop, mais en même temps c’est assez groove parce que j’aime aussi le hip-hop.

Afrik : Etiez-vous seul à travailler sur cet album ?
Dan Kamit :
J’ai composé les chansons et écrit les textes et je me suis fait aidé par des arrangeurs, des réalisateurs. J’ai ainsi travaillé avec Olivier Lude qui travaille en général avec le chanteur français M et qui a aussi collaboré sur le dernier album de Vanessa Paradis. J’ai fait appel à lui parce que j’aime bien le son des albums de M qui a un côté un peu Soul. J’ai également travaillé avec Jean Philippe Daryl qui a réalisé à l’époque l’album de la chanteuse Teri Moïse. Je les ai choisis parce que je voulais ce mélange de « black soul » et de chanson française.

Afrik : On vous compare souvent à Corneille. Vous reconnaissez-vous dans cette comparaison ?
Dan Kamit :
Je la trouve légitime parce qu’on a un timbre vocal qui n’est pas très éloigné et musicalement, on doit avoir les mêmes influences. Malgré tout, je pense que mon album est un peu plus pop et puis chacun de nous a sa propre histoire, sa façon de raconter les choses. Mais c’est une comparaison que je comprends.

Afrik : Vous avez donc grandi au Cameroun. Quel rapport entretenez-vous avec votre pays d’origine depuis que vous êtes revenu en France ?

Dan Kamit :
Mes parents sont restés là-bas et dès que c’est possible j’y retourne pour me ressourcer. J’y ai grandi, je sens donc le besoin d’y retourner de temps en temps car le pays me manque trop. La dernière fois que j’y suis allé, c’était pour faire les photos de la pochette de l’album parce que je voulais que le Cameroun soit présent dans ce projet.

Afrik : Pourquoi le titre Mon Afrique?

Dan Kamit :
C’est une chanson que j’ai faite à l’époque où je suis revenu en France. J’avais la nostalgie de l’Afrique. C’est la seule façon que j’ai trouvé de rester attaché à lui. C’est une déclaration d’amour que je fais à cette terre qui m’a vu grandir. J’ai invité Henri Dikongué à chanter avec moi sur cette chanson, c’était magique. J’étais vraiment heureux. C’est un morceau qui est vraiment à part dans l’album.

Afrik : Il y a également ce titre dont vous parliez qui s’intitule Souriez, la bonne humeur, est-ce le trait de caractère qui vous définit le plus ?

Dan Kamit :
Complètement. Je suis quelqu’un de très optimiste. Ce n’est pas toujours évident. On a souvent des nouvelles qui peuvent nous casser le moral, parfois la perspective d’avenir n’est pas toujours rose. Je crois beaucoup au destin et je pense que quand les choses arrivent de la façon dont elles arrivent, c’est que c’était écrit et qu’on finit toujours par être heureux si on a la foi. Etre heureux dépend franchement de nous, de notre manière de prendre du recul sur les choses. Le fait d’avoir vécu en Afrique, d’avoir une double culture me permet d’avoir ce recul. Nous vivons dans un pays riche qui est la France mais malgré cela, on se plaît souvent sur plein de choses, mêmes si je reconnais que le bonheur ne vient pas seulement des biens matériels. C’est, entre autres, pour ça que j’aime beaucoup l’Afrique parce que malgré les problèmes que les gens peuvent avoir, ils gardent toujours le sourire et continuent d’avancer.

Afrik : Vous avez fait les premières parties de concert de Jenifer, Amel Bent et Diam’s. Comment se sont fait les rencontres avec ces différentes artistes ?

Dan Kamit :
Ce sont des rencontres artistiques à la base. J’étais encore au début de mon projet, c’est–à dire que ma chanson et mon clip commençaient à passer à la radio et à la télévision et Jenifer l’a vu, elle a aimé et comme elle préparait sa tournée, elle a demandé à m’avoir sur scène avec elle. C’était plus facile d’établir le contact puisque nous étions dans la même maison de disques.

Afrik : Avec elle, vous avez fait des grandes salles comme le Zenith de Paris. Quel effet cela fait-il lorsqu’on est un jeune artiste dont le premier album n’est même pas encore sorti ?

Dan Kamit :
On a vraiment la pression mais on finit par prendre son courage à deux mains. Quand tu te retrouves face à 4 000 voire 6 000 personnes qui trépignent d’impatience de voir leur artiste arriver, c’est sûr que tu n’as pas envie de déranger. Mais je croyais beaucoup en mes chansons et en même temps, tu te dis que « tu n’as rien à perdre ». Quand les gens ne te connaissent pas, cela ne peut être que bénéfique. Si ça plaît tu le vois tout de suite, cela peut même te donner des idées pour ton album, sur la manière de bien faire les choses. J’ai toujours eu un accueil positif, j’étais très impressionné à chaque fois de voir à quel point les gens étaient touchés et qu’ils étaient réceptifs et aujourd’hui le public de Jenifer, c’est un peu le mien aussi, il me suit à travers ma tournée.

Afrik : Dan Kamit un pseudonyme. Pourquoi l’avez-vous choisi ?

Dan Kamit :
Dan vient de Daniel, mon prénom que j’ai abrégé. J’ai ensuite ajouté Kamit en référence aux Egyptiens, de ce peuple métissé de l’époque des pharaons, symbole du métissage parce que c’est comme ça que je vois ma musique. C’est aussi un clé d’œil au Cameroun mon pays d’origine.