Daddy Zemus est mort

La star zambienne du reggae Daddy Zemus, Anthonny Kafunya de son vrai nom, est mort la semaine dernière après une longue maladie, à l’âge de 32 ans. La créateur de Zamragga, contraction de Zambie et de reggae, laisse derrière lui un peuple orphelin.

Décès d’une star. Son premier album  » Salaula « , sorti en 1997, intronisait immédiatement Daddy Zemus roi du reggae en Zambie. Pourtant, il délaisse très vite la voie tracée du crooner pour s’emparer des thèmes sociaux et politiques. Celui qui faisait chavirer les jeunes filles avec  » Juju lover  » devient le porte-parole du peuple. Il signe  » Fatness  » (Ecoutez-nous), un hymne à la classe ouvrière. Dans cet album, il fait un remake engagé de  » I don’t wanna be poor  » qui le classe d’emblée comme  » ZemGod « , Dieu de la Zambie. Cette expression d’un journaliste local l’a poursuivi durant toute sa brève carrière. Il a conjugué, pour cette chanson, le rock des années 60 et le rythme and blues avec des sonorités africaines.

Dieu est mort

 » Zemus n’est pas seulement une idole, il est aussi le principal moteur de l’industrie du disque en Zambie. Grâce à ses ventes, nous arrivons à produire des artistes zambiens moins connus. C’est notre meilleur ambassadeur « , souligne la direction de Mondo Music, sa maison de production.  » Cet aventurier du son « , comme il aimait à se définir, refusait toutes les frontières musicales.

Pour  » Fatness  » (Ecoutez-nous), il est allé chercher une vieille chanson traditionnelle espagnole qu’il a retravaillée en ajoutant des lyriques locaux. Résultat mitigé : les puristes du reggae ont crié à l’imposture, au sacrilège. Les radios boudent le titre : trop politique. Le public, habitué aux changements musicaux de sa star, lui fait un triomphe.

Seule bonne nouvelle : avant de mourir, Daddy Zemus était en phase de terminer l’enregistrement de son dernier album. Sa maison d’édition a promis de le sortir aussi tôt que possible.