Crise malienne : Washington et Paris même combat ?

Les Etats-Unis semblent enfin clarifier leur position sur le Nord-Mali. Dans un entretien accordé au quotidien Le Monde, Philip Gordon, le secrétaire d’Etat adjoint américain chargé de l’Europe annonce le soutien de Washington à Paris en cas d’une éventuelle intervention militaire au Sahel pour y déloger les islamistes qui le contrôlent depuis plus de six mois maintenant.

Washington soutiendra Paris en cas d’une intervention militaire au Nord-Mali. C’est en tout cas ce qu’affirme Philip Gordon, le secrétaire d’Etat adjoint américain chargé de l’Europe, dans un entretien accordé au journal Le Monde et publié ce mardi 9 octobre.

« Dans toutes les réunions, la France souligne l’importance du Sahel. A chaque fois, nous nous engageons à travailler avec elle », déclare Philip Gordon. Cette fois-ci, « Nous soutenons la France et si elle décide qu’il est nécessaire d’intervenir militairement, elle peut compter sur le soutien des Etats-Unis », s’engage le secrétaire d’Etat adjoint américain chargé de l’Europe.

Un soutien qui tombe à point nommé. François Hollande vient de réaffirmer l’approbation de la France à une intervention militaire au Nord-Mali. « Toutes les conditions sont réunies pour qu’une résolution soit votée dans un délai raisonnable, c’est-à-dire bref », a indiqué ce mardi 9 octobre le président français, lors d’une conférence commune avec le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

La position des Etats-Unis enfin claire ?

Suite à l’accord trouvé dimanche 23 septembre entre la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et Bamako, autorisant le déploiement dans la capitale malienne des forces militaires combattantes de l’organisation ouest-africaine, l’hypothèse d’une intervention militaire contre les islamistes a gagné en crédibilité.

Cependant, deux problèmes s’opposent aux partisans d’une attaque armée pour reconquérir le Nord-Mali. D’une part, l’ONU ne validera pas une résolution favorable avant une nouvelle réunion du Conseil de sécurité dont la date reste inconnue. De l’autre, le haut commandant des forces armées américaines en Afrique (Africom), Carter Ham, a plaidé dimanche 30 septembre à Alger pour une solution « politique » à la crise malienne. Alors que Johnnie Carson, le numéro 1 du Département d’Etat américain en Afrique, a affirmé lundi 1er octobre que les Etats-Unis « seraient prêts à soutenir une intervention armée bien préparée, bien organisée, bien pourvue, bien pensée et agréée par ceux qui seront directement concernés ».

Qui croire ? La question qui se pose est de savoir, si Washington soutient Paris en cas d’une intervention militaire au Nord-Mali, quelle forme prendra cette aide ? S’agira-t-il d’un appui logistique ou militaire ? Ou, simplement, d’un vote au Conseil de Sécurité de l’ONU validant la résolution de la force ? Philip Gordon n’a pas précisé les tenants et aboutissants du soutien qu’apporteront les Etats-Unis à la France.

« De toute façon, s’il y a une intervention militaire, elle ne pourra pas avoir lieu avant plusieurs mois puisque l’armée malienne n’est pas non plus constituée, or il y a beaucoup de milices à combattre », a confié à Afrik.com Philippe Hugon, chercheur à l’Iris et spécialiste du Mali, dans le cadre d’une interview.