Crise en Libye : l’Union Européenne tire la sonnette d’alarme

L’union européenne s’est dite préoccupée par la détérioration de la situation politique et sécuritaire en Libye où les affrontements entre milices armés vendredi à Misrata ont ravivé les tensions.

Les affrontements entre milices armés vendredi dernier à Mistara, à l’est de la capitale libyenne Tripoli, qui ont fait au moins 43 morts, ont attiré l’attention de la communauté internationale sur la Lybie. C’est le cas de l’Union Européenne, qui s’est dite très préoccupée « par la détérioration importante de la situation politique et sécuritaire en Libye et condamné les violences du 15 novembre à Tripoli », à l’issue d’une réunion à Bruxelles.

Même son de cloche pour l’organisation de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch (HRW), qui a appelé le « gouvernement libyen à tenir immédiatement sa promesse de désarmer les milices ». Selon l’ONG, « les milices de Misrata ont tiré sur des manifestants pacifiques avec des fusils d’assaut, des mitrailleuses et des armes lourdes ».

Des ex-rebelles à désarmer

Des miliciens ont commencé à quitter la ville de Misrata, après l’appel des dirigeants locaux, qui ont réclamé le retrait, sous 72 heures, de tous les groupes armés qui se trouvent à Tripoli. Mais le retrait des milices de Misrata ne suffira pas pour calmer la situation. D’autres groupes armés sont toujours présents dans des quartiers de la capitale, dont ceux de Zenten. Les ex-rebelles basés à Zenten, qui contrôlent plusieurs quartiers à Tripoli, en particulier la route de l’aéroport, ont puisé dans l’arsenal de l’ancien régime de Mouammar Kadhafi. Ils sont les mieux armés en Libye et disposent de différentes armes, légères et lourdes, ainsi que de véhicules blindés, dont des chars.

Pour prêter main forte aux autorités libyennes qui n’ont aucun contrôle sur ces milices, Washington a annoncé lundi qu’il comptait former « 5 000 à 8 000 soldats libyens en Bulgarie pour aider Tripoli à mettre en place une armée professionnelle ». Même si elle est toujours en cours de formation, l’armée s’est déployée lundi à Tripoli pour rétablir l’ordre et rassurer les populations. Des manifestants en colère face à l’insécurité qui règne dans la capitale ont observé lundi une deuxième journée consécutive de grève générale.