Crise en Guinée : au moins 70 manifestants et passants tués entre 2015 et 2019

Le niveau de préservation des droits humains est faible en Guinée. C’est du moins ce que révèle le rapport d’Amnesty International publié le 13 novembre. Ledit rapport fait état d’au moins 70 manifestants et passants tués entre 2015 et 2019.

Amnesty International a fait état de la situation de la préservation des droits humains en République de Guinée, à travers le rapport publié le 13 novembre 2019, retraçant la période de janvier 2015 à octobre 2019. Ledit rapport décrit une situation très peu reluisante, pour avoir dénombré durant cette séquence temporelle, au moins 70 manifestants et passants tués dans ce pays voisin du Sénégal. Selon le site Dakaractu qui cite Amnesty International, « les témoignages du personnel médical et de témoins ainsi que le type de munitions utilisées indiquent qu’au moins 59 des victimes semblent avoir été tuées par la police et la gendarmerie, même si l’organisation dit n’avoir pu confirmer les circonstances de tous les décès.

Parmi les victimes, un enfant de sept ans qui, selon des sources médicales, a été touché par une balle perdue en octobre 2015. En outre, selon la même source, 109 personnes ont trouvé la mort en détention due peut être à une surpopulation carcérale généralisée dans les établissements pénitentiaires guinéens ». Neuf personnes ont trouvé la mort lors des dernières manifestations contre un troisième mandat du Président Alpha Condé, a souligné Marie-Evelyne Petrus Barry, directrice pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International, lors du lancement du rapport. A l’Université de Labé, l’organisation Amnesty s’est insurgée contre « l’homicide d’Amadou Boukariou Baldé, un étudiant battu à mort par des gendarmes déployés pour disperser une manifestation ».

Dakaractu révèle également que selon le rapport des centaines de personnes, dont des enfants de seulement quatre ans, ont été blessées par les forces de sécurité qui ont fait usage de balles réelles, de matraques et de gaz lacrymogènes. Il s’y ajoute qu’ « à la prison centrale de Conakry, qui a la capacité d’accueillir 500 prisonniers, 1 468 personnes sont détenues ». Et pendant ce temps, « les poursuites judiciaires concernant l’homicide de plus de 150 manifestants pacifiques et les viols et violences sexuelles infligés à plus de 100 femmes dans le stade de Conakry en 2009, ne progressent guère ».