Crise électorale en Guinée-Bissau : la CEDEAO dépêche des constitutionnalistes

Umaro Sissoco Embalo

Une délégation de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) séjourne à Bissau à compter de ce lundi 9 mars 2020. Composée de trois éminents constitutionnalistes, l’objectif de la mission est de contribuer à dénouer la crise électorale.

Le bureau du représentant spécial en Guinée-Bissau a annoncé l’envoi d’une délégation de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Bissau, composée de trois éminents constitutionnalistes en provenance de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Bénin. Il s’agit donc d’experts-juristes de haut niveau, qui vont séjourner dans le pays du 9 au 13 mars 2020.

L’objectif de la mission est de « contribuer à la résolution du contentieux électoral, né de élections présidentielles du 29 décembre 2019 et dont le traitement est encore pendant, devant la Cour Suprême de Justice de la Guinée Bissau ». Mais la demande d’audience est adressée à « S.E.M Aristides Gomez, Premier ministre de la Guinée Bissau », tel que noté dans le communiqué publié par le bureau du représentant spécial en Guinée-Bissau.

C’est dire que la CEDEAO ne reconnaît pas encore le gouvernement du Général Umaro Sissoco Embalo. Il faut souligner que le CEDEAO a été on ne peut plus claire, dès le lundi 2 mars dernier, en affirmant ne pouvoir « reconnaître des organes créés et installés en dehors des cadres constitutionnels et légaux ». En tout cas, dès qu’il a été déclaré élu par la Commission nationale électorale (CNE), Umaro Sissoco Embalo, a nommé Nuno Gomes Nabiam au poste de Premier ministre. Il s’en est suivi la nomination d’un gouvernement composé de 32 membres.

Mais le candidat Domingos Simoes Pereira a toujours contesté les résultats du second, donnant vainqueur le Général Umaro Sissoco Embalo avec 53,55% des suffrages valablement exprimés. Il s’en est suivi le dépôt de recours, pour exiger le comptage des voix. D’ailleurs, cet exercice a été accompli par la Commission Nationale Electorale (CNE), et les résultats ont confirmé la victoire de Sissoco Embalo. Mais l’imbroglio autour de ces résultats ne s’était pas pour autant estompés et finalement le candidat déclaré élu par la CNE, en l’occurrence Umaro Sissoco Embalo, a pris sur lui la responsabilité d’organiser son investiture, de s’installer au Palais Présidentiel, après que le Président sortant, son allié du second tour, lui ait passé le pouvoir.

Depuis, c’est l’impasse politique en Guinée-Bissau, alors que tous les espoirs étaient portés sur ce second tour, pour tourner définitivement la page de la crise politique, qui a longtemps gangréné le pays. Et ces espoirs étaient surtout encouragés par le fait que l’armée avait déjà exprimé sa volonté de ne plus perpétrer de coup d’Etat.