Crime organisé : signature de la convention dans Palerme assiégée

Vingt-six pays africains ont signé, jeudi soir dans la capitale sicilienne, la convention des Nations Unies sur la criminalité internationale organisée dans une atmosphère de haute sécurité policière. Le document devrait, à terme, permettre une meilleure coopération entre les Etats dans leur lutte contre les mafias.

C’est dans une atmosphère de haute sécurité que Palerme accueille les négociations sur la convention des Nations Unies sur le crime organisé transnational. La psychose d’attentats étant présente dans les esprits, l’Etat italien a déployé plus de 20.000 policiers pour la sécurité des participants réunis dans le nouveau palais de justice qui jouxte Ballardo, un quartier tristement célèbre par sa paupérisation.

Avec des hélicoptères survolant les trois sites de la conférence, des délégations escortées à grand renfort de sirènes, le passage au rayon X, la vidéo-surveillance etc., les participants ont pu mesurer le poids de la crainte du danger des groupes criminels en Sicile. Une action globale vigoureuse s’impose contre la mafia internationale dont les conséquences des actes terroristes sont connues quasiment de tous les Etats. Ainsi, après deux jours de travaux, cent dix-huit pays ont accepté de signer la convention des Nations Unies sur la criminalité internationale organisée.

Fin de la conférence vendredi

Parmi eux, vingt-six Etats africains. Il reste maintenant la deuxième phase de ratification avant d’envisager la mise en oeuvre de ce nouvel instrument juridique des Nations Unies. Par ce document, on entend ouvrir la voie pour une coopération renforcée entre les Etats pour diminuer, faute de l’anéantir, l’impact de la criminalité internationale.

La convention contient deux protocoles additionnels. Le premier est relatif à la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants. Le deuxième porte sur le trafic illicite des migrants. Avec ce dispositif, il s’agira de s’attaquer aux trafiquants et aux groupes criminels organisateurs de tels trafics. Pour donner l’exemple, le Sénat italien a proposé de mettre à la disposition de l’Onu 25% des avoirs confisqués aux groupes criminels. Cet argent servira à financer, d’après M.Figurelli, membre du Sénat italien,  » les activités de l’Onu en matière de lutte contre la criminalité transnationale.  »

De leur côté, les journalistes et les juges ont joué aussi leur partition dans cette conférence. Les premiers ont insisté sur l’indépendance de la presse et surtout la protection du journaliste dans ses investigations sur la criminalité internationale. Hommage a été rendu aux nombreux confrères sud-américains tombés sous les balles des narcotraficants. Du fait de la mondialisation, les mafiosi utilisent des moyens sophistiqués pour sévir sans être inquiétés, ainsi les juges ont, quant à eux, plaidé une réelle coopération judiciaire entre les Etats afin que les criminels soient poursuivis ou extradés où qu’ils se trouvent. Les travaux de la conférence prennent fin vendredi.

Retrouvez ici le précédent compte-rendu des travaux de Palerme