Crash de Lagos: défaillance technique

Le crash de l’avion de la compagnie nigériane Dana Air de ce dimanche continue d’occuper les esprits des Nigérians. Alors que ce drame a coûté la vie à 157 personnes au minimum dont les 153 passagers présents à bord, le bilan définitif au sol reste encore inconnu, les premiers éléments de l’enquête révèlent que les deux moteurs de l’appareil ont eu une défaillance quelques instants avant l’atterrissage.

Les premières recherches et enquêtes sur les causes de cette tragédie aérienne parlent d’une défaillance technique. Selon elles, les deux moteurs du Boeing M83 de la compagnie Dana Air sont tombés en panne presque simultanément. Les choses allaient tellement vite que les pilotes n’ont juste eu que le temps d’alerter la centrale de l’aéroport de Lagos, avant que l’appareil ne finisse sa descente vertigineuse sur un immeuble à deux étages d’un quartier populaire de la capitale.

Les pilotes n’ont pas eu l’occasion d’expliquer les raisons des pannes, car l’avion s’est immédiatement embrasé. Leur appel en situation de détresse fut ainsi leur unique et dernier échange radio avec la centrale.

Trois jours de deuil national

Le Nigéria est en situation de choc. Des questions sur les raisons de ce drame fusent de tous bords. Le président Goodluck Jonathan, qui s’est rendu sur les lieux où l’avion s’est écrasé, a dédié ses premières pensées aux victimes et leurs familles. Il a également annoncé une série de mesures qui auront pour but d’améliorer et de renforcer la sécurité aérienne dans tous le pays.

Pour l’heure difficile d’établir un bilan exhaustif des morts et blessés. Les recherches sur les lieux de la catastrophe se poursuivent. Celles-ci devront permettre de savoir s’il y a d’autres victimes au sol à déplorer. Le gouvernement fédéral a décrété trois jours de deuil national.

Des accidents pourtant récurrents au Nigéria

Ce nouvel accident vient s’ajouter à une longue liste de catastrophes aériennes qui interrogent gravement sur la sécurité de ce mode de déplacement au Nigéria. Samedi 2 juin au soir, par exemple, la veille du crash, un avion cargo nigérian avait déjà manqué son atterrissage à l’aéroport international d’Accra, au Ghana, percutant un minibus et tuant ainsi dix occupants de ce véhicule. Les quatre membres de l’équipage, dont les deux pilotes du Boeing 727 de la compagnie Allied Air en provenance de Lagos, ont eux survécu à l’accident. On comprend pourquoi le président nigérian promet à l’avenir de se pencher de manière plus énergique sur les questions de sécurité aérienne dans l’ensemble du pays…

Le Nigéria a connu au moins six tragédies similaires depuis l’accident de 1992, date du crash d’un avion de transport militaire nigérian près de Lagos, qui avait tué 158 personnes. Entre Octobre 2005 et octobre 2006, c’est à dire en l’espace d’un an seulement, trois avions de ligne de compagnies commerciales intérieures s’étaient par ailleurs écrasés, ôtant ainsi la vie à au moins 320 personnes… L’accident du dimanche 3 juin vient donc rappeler l’urgence d’une action efficace pour renforcer la sécurité du transport aérien au Nigéria.

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