Covid-19 : en RDC, la maladie en pleine progression dans un contexte de manque de matériels

Avec 17 nouveaux cas, la RDC frôle désormais officiellement la barre des 100 personnes atteintes du Coronavirus. L’inquiétude monte dans ce pays qui semble très peu préparé à faire face à une contamination de masse.

En RDC, la pandémie du Covid-19 évolue inexorablement. Hier lundi, l’Institut national de recherche biomédicale a fait l’annonce de la détection de 17 nouveaux cas, portant à 98 le nombre total de patients identifiés dans le pays. Parmi ces 98 patients, on dénombre 8 morts et 3 cas de guérison. Si la mégapole kinoise, avec ses 13,2 millions d’habitants, reste le principal foyer de la maladie dans le pays, la Covid-19 essaime de plus en plus. Sur les 17 cas identifiés hier, 16 étaient à Kinshasa et le dernier au Nord-Kivu.

Quatre (4) des 26 provinces du pays comptent donc des patients atteints du Coronavirus. Il s’agit de Kinshasa, de l’Ituri, du Nord et du Sud-Kivu. L’est de la RDC où Ebola vient juste d’être stoppée, après deux ans de ravages, où des groupes armés sèment la zizanie depuis des années, devra donc faire face au fameux Coronavirus. Le pire est donc à craindre, surtout que le personnel de santé déplore un manque de matériels nécessaires pour une riposte correcte à la maladie.

A Bukavu, dans le Sud-Kivu, le personnel médical déplore un manque de matériels de protection et un stock de médicaments limité. Des plaintes fusent également d’autres régions du pays. A Lubumbashi où il n’y a pas encore de cas confirmé, une ambulance a été affectée pour 2 millions d’habitants. A Kisangani, une autre ville non encore officiellement atteinte, on manque de respirateurs et d’extracteurs d’oxygène. Des conditions qui pourraient entraîner le départ de l’hôpital de certaines blouses blanches, à en croire un médecin de la province de la Tshopo qui s’est confié à RFI.

Tout ceci se passe dans un contexte fait de tergiversations et d’hésitations des autorités politiques qui hésitent à proclamer le confinement total ou partiel des régions touchées, en particulier Kinshasa. Contrairement à ce qu’on pouvait attendre d’un pays qui vient de se libérer du joug de la terrible épidémie d’Ebola, les atermoiements semblent bien montrer le manque de préparation des dirigeants congolais à faire efficacement face au Covid-19. Pendant ce temps, la maladie, elle, ne tergiverse pas. Elle avance. A grands pas.