Covid-19 aux USA : « Les dénonciations des violences policières envers les Afro-Américains ont pris le dessus sur le respect des mesures barrières »

Depuis le 23 janvier dernier, les Etats-Unis font face à la pandémie du Coronavirus. Avec plus de 120 000 décès, ce pays est devenu l’épicentre de la pandémie dans le monde. Face à la propagation de cette maladie, le régime Trump a pris des mesures drastiques dont le confinement, le port obligatoire de masque, l’application de la distanciation physique ou encore l’interdiction du rassemblement de plus de 20 personnes. Après le meurtre des Afro-Américains George Floyd, vers la fin du mois de mai et Rayshard Brooks, au début de ce mois, la plupart de ces mesures sont foulées au pied par des Américains, qui dénoncent les violences policières et les discriminations raciales. Alors que plusieurs villes de ce pays sont pris d’assaut par des manifestants, qui se rassemblent sans tenir compte de ces mesures édictées par les autorités américaines, Sophie Murhula, ressortissante de la République Démocratique du Congo, vivant à Phoenix, dans l’État d’Arizona, s’est confiée à Afrik.com.

Entretien

Comment vivez-vous cette pandémie aux Etats-Unis ?

Sophie Murhula : Depuis janvier, les Etats-Unis sont touchés par la pandémie du Coronavirus. Au début, nous avons remarqués une certaine légèreté dans la gestion de cette maladie, mais avec le temps, les autorités ont pris plusieurs mesures dont la fermeture des frontières, le renforcement des kits sanitaires, la fermeture des écoles, l’application de la distanciation physique, le port obligatoire de masque ou encore la mise en quarantaine des certains États, dont New York, afin de limiter la propagation de la pandémie. Après la prise de ces mesures, les Américains avaient pris conscience du danger que représente la maladie. C’est ainsi que des villes étaient désertes, la distanciation physique était respectée mais également le port de masque.

Depuis la fin du mois de mai, on assiste à une vague de rassemblements dans plusieurs villes, d’après vous, qu’est-ce-qui explique ce relâchement des mesures barrières ?

La donne a changé après le meurtre des Afro-Américains, George Floyd, tué à Minneapolis, dans l’État de Minnesota par des éléments de la police et Rayshards Brooks à Atlanta, dans l’État de Géorgie, lors d’une tentative d’arrestation par les éléments des forces de l’ordre. Ces deux évènements ont fait oublier la pandémie du Coronavirus aux Américains. Désormais, des Afro-Américains foulent au pied la distanciation physique, le confinement et le port de masque pour certains. Tous dénoncent les violences policières et les discriminations dont ils sont victimes.

A lire : Covid-19, Déconfinement progressif en Belgique : « Nous craignons une nouvelle vague de contaminations »

Quels sont les efforts fournis par les autorités américaines pour mettre fin à ces rassemblements, qui pourraient favoriser l’augmentation des nouveaux cas de Coronavirus dans ce pays considéré comme le nouvel épicentre de la pandémie ?  

Les mouvements de protestation étaient organisés dans une vingtaine de villes du pays, dont Minneapolis, New York, San Francisco, Washington, San Francisco, et Los Angeles. Les éléments de l’ordre assistaient aussi impuissants au non-respect des mesures barrières lors de ces rassemblements. Cependant, le Président Donald Trump avait promis de restaurer l’ordre en déployant l’armée dans différentes villes, après la passivité des maires et gouvernements face à ces mouvements de protestation, mais rien de grave n’a été fait. Les dénonciations des violences policières envers les Afro-Américains ont pris le dessus sur la pandémie. Nous craignons le Coronavirus, mais les gens font toujours des rassemblements pour dénoncer les violences policières envers la communauté noire.

A lire : « Black Lives Matter » : et si les Africains de la diaspora se mobilisaient aussi pour dire « non » aux tueries en RDC, Libye, Tchad…