Coup d’Etat en Centrafrique : François Bozizé accuse le Tchad

Dans une interview accordée à Radio France Internationale, François Bozizé s’en prend au pouvoir tchadien qui, selon lui, est responsable de la prise du pouvoir par la Séléka.

Le président centrafricain François Bozizé est sorti pour la première fois de son silence depuis sa destitution du pouvoir le 24 mars par les rebelles de la Séléka. Sur les ondes de Radio France Internationale (RFI), Bozizé accuse le Tchad d’être là l’origine du coup d’Etat en Centrafrique. Des accusations « graves » que lance l’ancien président centrafricain réfugié provisoirement au Bénin, mais totalement fondées selon lui.

Ce dernier s’insurge du comportement du Tchad avec lequel la Centrafrique a de « bonnes relations ». « Nous avons de bonnes relations avec le Tchad et nous sommes surpris de voir le Tchad qui nous agresse », a-t-il lancé. Il s’agit, d’après Bozizé, d’un « complot habilement monté ». Des éléments de la police et de la gendarmerie auraient prévenu Bozizé peu avant le coup d’Etat que parmi les forces rebelles en destination du palais présidentiel se trouvaient des éléments armés envoyés par le Tchad.

« Nous connaissons la capacité militaire de la Séléka. Nous l’avons détruite le samedi 23 mars le dimanche 24. Ce sont des éléments nouveaux qui sont arrivés avec des armements neufs, véhicules neufs et une trentaine, quarantaine de pick-up équipés », affirme François Bozizé, persuadé que les rebelles ont traversé des villes du Tchad pour atteindre Bangui.

« La Séléka n’a pas respecté les accords de Libreville »

La Séléka avait décidé de prendre Bangui suite au non-respect, selon elle, des accords de Libreville. « S’il y a bien quelqu’un qui a respecté les accords de Libreville, c’est bien Bozizé », conteste l’ancien président centrafricain. Selon lui, tout ce qui devait être fait l’a été :
« Le gouvernement a été dissous, un nouveau Premier ministre de l’opposition a été désigné, le gouvernement a été mis en place. Le gouvernement travaillait ensemble en harmonie. » En prenant d’assaut Bangui, c’est bien la « Séléka qui n’a pas respecté les accords de Libreville », estime-t-il.

Avec le président autoproclamé, ancien chef rebelle, Michel Djotodia, les prochaines élections en Centrafrique n’auront lieu que dans trois ans. Pourtant, les accords de Libreville prévoient de nouvelles élections dans un an. Les chefs d’Etat d’Afrique centrale (CEEAC) réunis à N’Djamena mercredi ont jugé « impossible » de reconnaître Michel Djotodia « président autoproclamé » et demandent l’élection d’un président de la transition pour une période de moins de 18 moins.

Difficile cohabitation

Les habitants de Bangui s’inquiètent de la cohabitation avec les rebelles de la Séléka. Il s’agit d’hommes armés qui « n’hésitent pas à en faire usage », selon le Réseau des journalistes pour les droits de l’Homme en République centrafricaine (RJDH). Des journalistes ont fait état d’exactions perpétrées par des éléments de la Séléka. La population désormais méfiante tarde à reprendre les activités économiques « à cause du comportement des rebelles de la Séléka dans la ville et les quartiers ».

Les pillages et les viols seraient devenus monnaie courante dans les rues de la capitale. Les commerçants souhaitent qu’une solution d’union nationale soit rapidement trouvée, à l’image de Joséphine Ibanga au marché central. « Nous sommes fatigués avec les comportements de ces hommes en tenue. Qu’ils soient désarmés, regroupés le plus vite que possible », souhaite-t-elle.

De son côté, François Bozizé aspire toujours à son retour en Centrafrique et surtout « le retour à la légalité constitutionnelle ». Il ne comprend pas ce qu’on lui reproche « si ce n’est la méchanceté de l’homme et la convoitise de nos richesses »…