Coup d’Etat avorté au Burundi

La tentative de putsch militaire, menée par lieutenant Pasteur Ndakarutimana, un illustre inconnu, a lamentablement échoué hier soir. Le ministre de la défense burundais annonce la reddition des mutins. Le pays, habitué aux coups d’Etat, est calme.

Coup d’épée dans l’eau. Bujumbura s’est réveillée ce matin dans le calme. La tentative du coup d’Etat du mercredi après-midi fait partie du passé.  » Tous les soldats mutins qui occupaient la radio-télévision nationale à Bujumbura se sont rendus dans la nuit de mercredi à jeudi et l’officier qui dirigeait la tentative de coup d’Etat a été maîtrisé « , affirme à la presse le ministre de la Défense, Cyrille Ndayirukiye. Un groupe de militaires tutsis du camp de Gakumbu, proche de l’aéroport, emmené par le lieutenant Pasteur Ndakarutimana, avait pris le contrôle de la radio nationale. Le lieutenant Ndakarutimana, parlant au nom d’un « Front de la jeunesse patriotique », a annoncé sur les ondes la suspension du président, du gouvernement et du parlement, ainsi que la fermeture des frontières et de l’aéroport et l’instauration d’un couvre-feu. Le président Buyoya se trouvait au moment de la tentative de putsch à Libreville, où il négociait avec le chef du principal mouvement rebelle, les Forces pour la Défense de la Démocratie (FDD), Jean-Bosco Ndayikengurukiye.

Tentative folklorique

 » Les mutins croyaient que l’armée loyaliste, lassée par les négociations avec les rebelles hutus, allait les rejoindre. Quand ils ont vu les militaires encercler la radio, ils ont été découragés et se sont rendus « , analyse un militaire burundais. Peu après minuit, les mutins ont déposé les armes et se sont laissés arrêter par les forces loyalistes. Les putschistes reprochaient au président Buyoya, lui-même arrivé au pouvoir en 1996 après un coup d’Etat, de freiner la mise en place de la transition prévue par les accords d’Arusha et de vouloir négocier avec les rebelles hutus. Selon des sources militaires, le responsable des mutins, le lieutenant Pasteur Ndakarutimana, aurait été arrêté jeudi matin.

Ce petit pays de l’Afrique des Grands Lacs est composé, comme son voisin rwandais, d’une majorité de Hutus et d’une minorité de Tutsis. Le pouvoir et l’armée sont aux mains des Tutsis. Les accords d’Arusha prévoient le partage des pouvoirs entre ces deux ethnies. Depuis 1993, les affrontements interethniques ont fait 200 000 morts.