Côte d’Ivoire : la diplomatie encore en vie

La médiation de la Cedeao, conduite mardi par les présidents béninois Boni Yayi, sierra-léonais Ernest Koroma et capverdien Pedro Pires, a livré ses premiers fruits. L’organisation régionale écarte toute intervention militaire du moins d’ici sa prochaine visite à Abidjan, le 3 janvier prochain.

La Cedeao écarte pour l’instant l’idée d’une intervention armée en Côte d’Ivoire pour déloger Laurent Gbagbo. Une menace qu’elle avait brandi vendredi dernier. « On ne parle plus d’intervention militaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) », a déclaré le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères du Cap Vert, Jorge Borges, pour qui l’action armée pour faire partir Laurent Gbagbo du pouvoir « semble heureusement écartée pour le moment ».

Selon lui, cette première médiation « a permis d’établir un pont vers le dialogue entre les deux camps », ceux de M. Gbagbo et de son rival Alassane Ouattara. « Nous discutons toujours. Quand il y a une dispute, c’est le dialogue qui résout tous les différends, ce dialogue est en cours », a, lui, déclaré Jonathan Goodluck, le président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Les discussions se poursuivront le 3 janvier prochain, à l’occasion d’une nouvelle médiation à Abidjan.

Pour Ouattara, l’option militaire reste d’actualité

Un apaisement du discours qui devrait ravir la trentaine d’intellectuels qui ont appelé mercredi dans une lettre ouverte à « enrayer la menace de guerre » en Côte d’Ivoire, rejetant toute intervention militaire. Parmi eux, figurent le sociologue suisse Jean Ziegler, le politologue français Michel Galy, l’écrivain d’origine camerounaise Calixthe Beyala, l’auteur malienne Aminata Dramane Traoré ainsi que l’ancien délégué pour l’Afrique du PS, Guy Labertit, l’un des plus proches soutiens de Laurent Gbagbo en France.

Le camp d’Alassane Ouattara a, pour sa part, estimé que cette première réunion a montré que l’intervention « militaire rest(ait) sur table », et demeure favorable à cette option. « La mission des médiateurs n’est pas terminée et pour nous, rien n’a changé», a déclaré Patrick Achi, porte-parole du gouvernement Ouattara. «Si le Cap-Vert dit que l’intervention militaire est écartée, il doit certainement avoir des informations selon lesquelles Laurent Gbagbo est prêt à partir pacifiquement du pouvoir», a-t-il précisé.

Dans l’attente d’une éventuelle intervention militaire, le RHDP poursuit sa stratégie d’asphyxie de son rival. Son gouvernement a, de nouveau, invité mardi soir « tous les fonctionnaires et agents de l’Etat, de s’abstenir de collaborer, de quelque manière que ce soit, activement ou passivement », avec le président sortant Laurent Gbagbo. Il a menacé dans la foulée de sanctions les contrevenants à cette mesure.