Côte d’Ivoire : vague d’arrestations des responsables pro-Gbagbo

Les arrestations des responsables du régime de l’ancien Président ivoirien se poursuivent. Laurent Akoun, secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI), parti de Laurent Gbagbo, a été interpellé dimanche par les autorités ivoiriennes près d’Abidjan. Le porte-parole de l’ex-président ivoirien Justin Koné Katina a, lui, été arrêté samedi au Ghana et placé en garde à vue.

Le régime d’Alassane Ouattara ne laisse aucun répit aux responsables de l’ancien régime ivoirien. Laurent Akoun, secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI), parti de Laurent Gbagbo, a été interpellé dimanche à Azope, près d’Abidjan, par les forces de sécurité alors qu’il se rendait à un meeting. Il aurait ensuite été transféré au camp d’Agban, selon RFI. Les autorités lui reprochent d’avoir tenu des propos diffamatoires contre le chef d’Etat Alassane Ouattara. Des propos qui troubleraient la bonne marche de la réconciliation nationale, selon le gouvernement. Laurent Akoun est aussi soupçonné par le régime ivoirien d’être impliqué dans les attaques contre l’armée qui ont ébranlé le pays ces derniers temps. Son adjoint, également soupçonné d’avoir un lien avec ces violences a, lui, été interpellé le 18 août. Il est incarcéré à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan.

L’épineux dossier Gbagbo

Le porte-parole de l’ex-président et ex-ministre du Budget, Justin Koné Katina n’a également pas échappé au sort réservé à ses camarades confrontés à l’actuel régime. Lui a été arrêté vendredi à l’aéroport international d’Accra, la capitale ghanéenne. Il a été placé en garde à vue. D’autres caciques du régime de Laurent Gbagbo, dont Simone Gbagbo, son épouse, et Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, sont toujours en détention surveillée dans différentes régions du pays.

Quant à Laurent Gbagbo, la Cour pénale internationale (CPI) doit faire face à son épineux dossier. Le cas de l’ex-dirigeant est difficile, la CPI le sait. Elle a d’ailleurs reporté son audience du 3 août qui devait confirmer les charges de crimes contre l’humanité retenues contre lui. Cette procédure doit permettre aux juges de savoir si les charges retenues contre l’ancien Président ivoirien sont suffisamment solides pour la tenue d’un procès.

« La justice des vainqueurs »

En attendant, les pro-Gbagbo sont nombreux à protester contre ce qu’ils nomment « la justice des vainqueurs », estimant être les seuls à avoir été mis sur le banc des accusés. Ils dénoncent l’insécurité qui sévit dans l’Ouest du pays, notamment à Dukoué où des massacres ont toujours lieu. D’après eux, les pro-Ouattara sont les principaux responsables de ces crimes. Mardi 24 juillet, Martine Kei Vao, présidente de l’association des Ressortissants de Côte d’Ivoire, Alain Toussaint, ex-conseiller de Laurent Gbagbo, et Basile Besnard, avocat au Barreau de Paris, ont déposé une plainte contre le régime du président Ouattara pour tous les crimes de guerre commis depuis novembre 2010. Ils ont également réclamé à l’Etat Français une enquête sur ces exactions.

Même si le président Ouattara a mis en marche le processus de réconciliation nationale, il reste beaucoup à faire pour que la Côte d’Ivoire soit de nouveau unie. Le pays est loin d’avoir pansé ses blessures. La crise post-électorale de novembre 2010 est encore dans les esprits. Et le bras-de-fer pro-Gbagbo contre pro-Ouattara se poursuit, provoquant régulièrement des tensions entre les deux camps. Chacun accusant l’autre d’être responsable des troubles dans le pays.

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