Côte d’Ivoire : les diamants de nouveau commercialisables

Les diamants seront de nouveau commercialisables en Côte d’Ivoire. C’est du moins le souhait du pays qui s’engage à « prendre les mesures nécessaires » pour la levée de l’embargo instaurée par les Nations Unies sur ses diamants.

A l’issue d’un conseil des ministres ce mercredi, le gouvernement ivoirien a autorisé son ministre de l’Industrie et des Mines à « prendre les mesures nécessaires en vue de faire aboutir le processus de levée de l’embargo imposé à la Côte d’Ivoire en 2005 par le conseil de sécurité des Nations Unies, sur la commercialisation de ses diamants », selon un communiqué succinct de la réunion transmis jeudi à Xinhua.

Commercialisation interdite depuis 2005

En 2005, à la suite de la résolution de l’Onu, une interdiction a été faite à tous les Etats d’importer des diamants bruts provenant de Côte d’Ivoire. Celui-ci était accusé d’extraire illégalement des diamants dans la zone contrôlée par les Forces nouvelles (ex-rébellion du Nord) afin de les mettre sur le marché international. Selon une organisation non gouvernementale anglo-saxonne, Global Witness, ce trafic constituait « le nerf de la guerre » de l’ex-rébellion qui pouvait extraire « jusqu’à 300 000 carats chaque année ». Des sources officielles ivoiriennes estimaient en 2005 à environ « 25 millions de dollars, soit plus de 40 milliards de francs CFA, le revenu annuel de ce trafic qui permet aux ex- rebelles de financer leur effort de guerre ».

Vers un développement de l’industrie diamantifière

La Côte d’Ivoire souhaite développer l’industrie diamantifière. Déjà depuis 2007, les autorités ivoiriennes ont mis en place des actions afin de faire respecter les règles du processus de Kimberley à travers le retour de l’administration minière dans le nord du pays pour surveiller les activités minières. Ce processus de Kimberley est un système international de certification des diamants visant à empêcher l’accès des diamants des conflits armés au marché international. Le gouvernement a, en outre, installé un secrétariat permanent de la Représentation en Côte d’Ivoire du processus de Kimberley pour assurer la traçabilité des diamants du pays par l’identification des exploitants, des ouvriers et collecteurs en vue de « prouver que ni la guerre, ni le sang, ni la sueur d’enfants mineurs ou d’enfants-soldats ne participent à la production minière nationale ».

Cette levée d’embargo va permettre à la Côte d’Ivoire de bénéficier des retombées économiques et financières de l’activité selon l’administration minière.