Côte d’Ivoire : le retard dans l’identification des électeurs préoccupe l’Onu

L’identification doit permettre d’enregistrer 12 millions de personnes dont 9 millions d’électeurs. Mais elle avance très lentement à cause de sa complexité et des incidents de terrains.

« Péniblement lent ». Telle est l’expression utilisée lundi devant le Conseil de sécurité par Young-Jin Choi, le représentant spécial des Nations unies en Côte d’ivoire, pour qualifier le double processus d’identification et d’enregistrement électoral en cours dans ce pays. « Actuellement, les retards accumulés constituent notre principale et plus importante source d’inquiétude car ils peuvent mettre en danger le processus de paix ivoirien tout entier », a déclaré M. Choi lors de sa présentation devant les 15 membres du Conseil de sécurité.

Lancée le 15 septembre simultanément dans sept villes ivoiriennes, cette opération doit permettre d’identifier près de 12 millions de personnes parmi lesquelles quelque 9 millions seront enregistrées comme électeurs. C’est un préalable à l’organisation de l’élection présidentielle initialement prévue le 30 novembre. M. Choi a expliqué que pour la première fois, les retards sont « uniquement dus à des aspects bureaucratiques et logistiques et non politiques ». Il a ainsi déploré la complexité de la logistique impliquée dans le processus d’identification des ivoiriens. L’identification a en effet été confiée à deux entités, la société française SAGEM, et l’Institut national ivoirien de la statistique. Une commission nationale indépendante en assure la mise en œuvre et la supervision générale.

Le retard n’est pas dû à des raisons politiques

En plus de la multiplication des intervenants, les incidents de terrains contribuent également à ralentir le processus d’identification. A Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, plusieurs bureaux ont ainsi fermé fin septembre, suite à un mouvement d’humeur des agents recenseurs, qui réclamaient leurs salaires. L’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) qui suit de près l’opération a déjà demandé un report de l’élection présidentielle, qui pourrait avoir lieu, seulement à la fin du premier trimestre 2009. Le mandat de Laurent Gbagbo, l’acteul président ivoirien, est en principe arrivé à son terme depuis 2005.