Côte d’Ivoire : le parti de Gbagbo exige sa libération, les familles des victimes en colère

Alors que le parti de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo incarcéré à la Haye exige sa libération, les familles des victimes, elles, sont furieuses contre la Cour pénale internationale qui réclame plus de preuves pour le juger.

Il est derrière les verrous de la Haye depuis le 30 novembre 2011 mais Laurent Gbagbo fait toujours parler de lui. Les discussions vont bon train le concernant depuis que la Cour pénale internationale (CPI) a modifié sa position, affirmant qu’elle n’a pas de preuves suffisantes pour le juger. Contre toute attente lundi, les juges de la CPI ont réclamé des preuves et enquêtes supplémentaires avant de mener un éventuel procès contre lui. Pourtant les juges devaient ce jour-là confirmer ou non les charges de crimes contre l’humanité durant les violences post-électorales de novembre 2010 qui pèsent contre l’ex-président ivoirien.

Les familles des victimes prêtes à en découdre

Face à ce retournement de situation, les familles des victimes de la crise post-électorale sont furieuses. Réunies dans un collectif, elle comptent organiser une conférence de presse ce jeudi pour exprimer leur mécontentement.

Selon le président de l’Alliance pour le changement, un mouvement à caractère politique, qui s’est confié à RFI, « la CPI qui de plus en plus fait face à un certain nombre de critiques veut se crédibiliser. Nous protestons avec la dernière énergie que nous avons. Nous n’attendons rien d’autre ici qu’un procès pour Laurent Gabgbo ».

Au contraire, le parti de l’ex-président ivoirien exige sa libération immédiate. Son conseiller Toussaint Alain, contacté mardi par Afrik.com, réclame que les poursuites à son encontre soient abandonnées. Il estime que la CPI n’a « pas été courageuse de reconnaître l’innocence de l’ex-président ivoirien ». Par conséquent, « puisqu’elle affirme qu’elle n’a pas de preuves suffisantes à son encontre, nous exigeons qu’il soit relaxé immédiatement sans attendre une nouvelle audience ». Pour lui, « cette procédure n’a plus de sens, on demande au procureur d’aller chercher des preuves contre Gbagbo alors que ce dernier est toujours maintenu en prison ».

En attendant, la CPI a décidé d’établir un nouveau calendrier. Le procureur devra remettre un document de charges avant le 15 novembre. Quant à la défense de l’ex-président ivoirien elle aura jusqu’au 16 novembre pour préparer son plaidoyer.