Côte d’Ivoire : la violence s’invite dans la campagne présidentielle

Une vive bagarre a éclaté vendredi à Cocody, dans la commune d’Abidjan, entre la jeunesse du Rassemblement des houphouëtistes pour la paix et la démocratie (Rhdp) d’Alassane Ouattara et la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), mouvement proche du candidat Laurent Gbagbo (La majorité présidentielle, Lmp). Ces échauffourées, dont chacun des deux camps se renvoie la responsabilité, ont été circonscrites après plusieurs heures par les forces de l’ordre.

De notre correspondante

Fumée de gaz lacrymogène, jets de pierres, de projectiles divers, attaques à la machette : le ton a été donné par des jeunes gens qui ne semblent pas prêts a opter pour une campagne de second tour civilisée comme l’a recommandé le président de la Commission électorale indépendante (Cei), hier, dans son adresse à la nation. De vives échauffourées, les premières depuis le début de la présidentielle 2010, ont opposé des militants du Rassemblement des houphouëtistes pour la paix et la démocratie (Rhdp) et les étudiants de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci), mouvement proche de l’actuelle président ivoirien Laurent Gbagbo et critiqué par l’opposition ivoirienne pour « sa violence ».

Les raisons qui seraient à la base de la dernière sortie des étudiants dans le camp du Rhdp, devenu état major du candidat du Rdr et du Rhdp, Alassane Ouattara, sont jusque-là inconnues. « Provocation », scande t-on dans chacun des deux camps où l’on se rejette mutuellement les fautes. Selon la version officielle, livrée par le porte-parole de la police nationale, Gnawa Diagouri, les affrontements ont commencé aux abords de la cité de Mermoz, dans un lieu de restauration où des jeunes du Rhdp partis se restaurer s’en sont pris aux étudiants de la Fesci. Il a indiqué que ces affrontements ont fait une vingtaine de blessés dont deux policiers.

Le feu couve encore

Nous avons cependant constaté hier en milieu d’après-midi les conséquences de ces affrontements qui ont eu pour théâtre la rue menant au siège du Rhdp, située à deux rues de la « cité rouge », base des étudiants de la Fesci. Les deux camps ont littéralement paralysé le quartier de Cocody des heures durant. Bilan : des blessés graves dans les rang des militants, des forces de l’ordre qui sont intervenues et un début de campagne « entaché » par la violence.

La tension a baissé en fin d’après-midi. Mais les rivaux, voisins, se regardent désormais en chiens de faïence. Si le secrétaire général de la Fesci, Mian Augustin, a manifesté la volonté de son camp de s’inscrire dans une logique pacifiste, selon le quotidien l’Inter, il n’en est rien du côté des jeunes du Rhdp qui entendent se venger et « brûler » la cité estudiantine Mermoz.

De la braise chaude couve encore sous ce feu, alors que s’ouvre le second tour de la présidentielle en Côte d’Ivoire.