Côte d’Ivoire : Gbagbo est à Bouaké

Le chef de l’Etat ivoirien Laurent Gbagbo est à Bouaké, le fief de l’ex-rébellion des Forces nouvelles. La visite du président, la première depuis le coup d’Etat de septembre 2002 qui a vu la partition de la Côte d’Ivoire, concrétise l’accord de paix signé entre les différentes parties ivoiriennes le 4 mars dernier à Ouagadougou.

Laurent Gbagbo est à Bouaké. Le président ivoirien est arrivé depuis quelques heures dans la capitale des Forces nouvelles, l’ancienne rébellion qui règne sans partage sur le nord du pays depuis le coup d’Etat de septembre 2002. Cette visite s’inscrit dans le cadre de l’accord de paix signé le 4 mars dernier à Ouagadougou (Burkina Faso) entre Laurent Gbagbo et le secrétaire des Forces Nouvelles et actuel Premier ministre, Guillaume Soro. Sous la médiation du président burkinabé Blaise Comparé, la Côte d’Ivoire s’est engagée dans un processus de paix qui devrait la conduire à des élections présidentielles fin 2007, début 2008. La réunification progressive du territoire en est une étape obligée. Aussi, la partie septentrionale de la Côte d’Ivoire s’ouvre enfin au président ivoirien, entouré d’un impressionnant dispositif de sécurité, après quelque cinq années de conflit larvé et de multiples accords de paix.

Bouaké acceuille Gbagbo, mais la paix est encore fragile

Pour célébrer l’évènement, Laurent Gbagbo a convié ses pairs de la sous-région à une cérémonie dite de la « Flamme de la paix ». Les présidents Thabo Mbeki (Afrique du Sud), Blaise Compaoré (Burkina Faso), John Kufuor (Ghana), Amadou Toumani Touré (Mali), Faure Gnassingbé (Togo), Boni Yayi (Bénin) et Abdoulaye Wade (Sénégal) devraient prendre part à des festivités. Tout comme les milliers d’Ivoiriens qui affluent, depuis dimanche, pour assister à la cérémonie d’autant que la journée a été déclarée fériée par le président Gbagbo.

Après la nomination de Guillaume Soro comme Premier ministre et la suppression de la Zone de confiance en avril dernier, la présence de Laurent Gbagbo à Bouaké constitue un pas supplémentaire sur les sentiers mouvants de la paix. Car cette dernière est encore fragile comme l’a démontré l’attentat perpétré le 29 juin dernier contre Guillaume Soro. Plus récemment, la polémique suscitée par la suppression du poste de haut représentant pour les élections en Côte d’Ivoire, gage pour l’opposition « d’élections transparentes, crédibles et acceptables pour tous », vient confirmer que le pari de la paix n’est pas près d’être gagné.

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