Côte d’ivoire : Alassane Ouattara prend la défense d’une monnaie arrimée à l’euro

Le Président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara

Invité par RFI pour participer à l’émission dénommée « Le débat africain », Alassane Ouattara, Président de la Côte d’Ivoire, s’est prononcé sur les réformes monétaires sur le franc CFA. Sur le plateau de la chaîne française, Ouattara a pris la défense d’une monnaie arrimée à la monnaie européenne, l’euro.

Les débats sur les réformes sur le franc CFA sont autant d’ordre politique qu’économique. Invité pour donner son point de vue sur les ondes de RFI dans l’émission « le débat africain », Alassane Ouattara a soutenu le rattachement du franc CFA à l’euro. Pour lui, le rattachement du franc CFA à l’euro permet aux pays d’Afrique de l’Ouest d’emprunter de l’euro et de le rembourser à un taux fixe après plusieurs années. C’est un avantage de rembourser les dettes avec un taux d’intérêt qui ne varie pas au fil des années.

La difficulté avec les pays qui ont leur propre monnaie est que cette dernière est souvent flexible. Les pays ouest-africains bénéficient, quant à eux, d’une parité fixe. Cette parité permet aux pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine d’être à l’abri du surendettement.

Adoption de l’éco : les avis sont partagés

Le Président ivoirien a réaffirmé sa position : il pense que le lien qui existe entre l’euro et le franc CFA devrait être maintenu. Les dirigeants des pays de la zone franc CFA sont divisés sur la question de l’adoption de l’éco. Certains, à l’instar du chef de l’Etat ivoirien, soutiennent mordicus que la relation franc CFA-euro est très bénéfique pour les pays ouest-africains. Pour eux, le succès économique de ces pays dépend en partie de la stabilité de l’euro. Si la décision revenait uniquement au Président Alassane Ouattara, il admettrait juste un changement du nom de la monnaie ouest-africaine sans toucher à son fonctionnement.

Parallèlement à la position du dirigeant ivoirien, il y a ceux qui ont une position radicale et ferme. Pour eux, il ne s’agit pas seulement de changer de nom, mais de couper définitivement le cordon ombilical reliant le franc CFA à l’euro. Cette position est particulièrement incarnée par le Président béninois, Patrice Talon.