Coopération avec la Russie : le Burkina Faso et le Mali sur le chemin du nucléaire civil


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Les Présidents Ibrahim Traoré du Burkina Faso et Vladimir Poutine de la Russie
Les Présidents Ibrahim Traoré du Burkina Faso et Vladimir Poutine de la Russie

Le Burkina Faso et le Mali veulent expérimenter l’exploitation du nucléaire à des fins civiles. Pour cela, les deux pays veulent se faire aider par la Russie.

C’est en juillet dernier, à l’occasion du sommet Russie-Afrique, que le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a exprimé son ambition de voir installée dans son pays une centrale nucléaire pour faire face aux problèmes énergétiques. «Nous avons un besoin crucial d’énergie. C’est un point important pour moi. Parce que nous avons besoin si possible d’implanter une centrale nucléaire au Burkina Faso pour produire l’électricité», a soutenu le Président burkinabè. Pour rendre sa requête aguichante aux yeux de Vladimir Poutine, Ibrahim Traoré a insisté en ces termes : «Notre position est assez stratégique parce que nous sommes au cœur de l’Afrique de l’Ouest. Du fait du déficit énergétique dans la sous-région, s’il y a un privé russe qui peut s’implanter, il pourra vendre l’énergie à toute la sous-région».

Un premier pas vers la concrétisation du projet

Le souhait du Président burkinabè est désormais entré dans sa phase active. En effet, ce vendredi, le Burkina Faso et la Russie ont signé, à Moscou, un mémorandum d’entente pour la coopération dans le domaine de l’utilisation de l’énergie atomique à des fins pacifiques. Ce, en présence du ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières du Burkina Faso, Simon-Pierre Boussim. En face, il y avait le Directeur général adjoint de l’agence russe de l’énergie atomique (Rosatom), Nikolay Spasskiy.

Ce mémorandum comporte plusieurs volets, dont le développement de programmes visant à sensibiliser la population sur les technologies nucléaires et leur application, la mise en place de programmes de recherches fondamentales et appliquées au Burkina Faso. On peut également évoquer le renforcement des capacités du personnel administratif, scientifique et technique dans les différents domaines de l’utilisation de l’énergie atomique à des fins pacifiques, la conception, la construction et l’exploitation de centrales d’énergie nucléaire.

Le Mali s’engage aussi dans le nucléaire civil

Dans la même journée, la Russie a signé un accord similaire avec le Mali. Occasion pour les parties russe et malienne d’avoir des échanges sur un partenariat pour une exploration géologique et minière. Dans la délégation malienne, il y avait quatre ministres : celui de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, ses collègues de l’Énergie et de l’Eau, Bintou Camara, et de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo. Il y avait également la ministre des Transports et des Infrastructures, Madina Sissoko Dembélé. Selon Rosatom, le mémorandum entre les deux pays «désigne les missions prioritaires, les outils de collaboration et cerne les domaines du travail conjoint : développer l’infrastructure nucléaire du Mali, sensibiliser le public aux technologies nucléaires, mener des recherches fondamentales et appliquées […], garantir la sûreté nucléaire, radiologique et physique, former le personnel et créer des réacteurs de recherche et des centrales».

Il sied de préciser que ces deux mémorandums ont été signés à l’occasion de la semaine russe de l’énergie qui se tient à Moscou, du 13 au 16 octobre 2023. Jusqu’à présent, l’Afrique du Sud est le seul pays du continent doté d’une centrale nucléraire. Il s’agit de la centrale de Koeberg, près du Cap.

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Historien, Journaliste, spécialiste des questions socio-politiques et économiques en Afrique subsaharienne
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