Contre l’expulsion des sans-papiers malades

Les associations AIDES et ACT UP se sont rassemblées ce mardi devant le Sénat, à Paris. Elles protestent contre le projet de loi du gouvernement français qui entend restreindre le droit de séjour des immigrés malades en situation irrégulière.

« Malades expulsés, malades assassinés !», « l’Etat condamne à mort 28 000 malades étrangers malades! », scandaient les manifestants ce mardi matin devant le Sénat à Paris, avant que la Gendarmerie ne vienne mettre un terme à la mobilisation. Une cinquantaine de membres des associations AIDES et ACT UP manifestaient pour protester contre le projet de loi sur la restriction du droit de séjour des immigrés en situation irrégulière soufrant de pathologies graves.

Les militants associatifs sont décidés à se mobiliser à nouveau pour faire entendre leur mécontentement. Selon Vincent Pelletier, Directeur générale de l’association ACT UP, « la situation est devenue extrêmement grave». «Actuellement 28 000 personnes malades d’origine étrangère sont menacées par cette loi. Leur carte de séjour risque de ne pas être renouvelée et ils n’auront ainsi plus accès aux soins médicaux. Le gouvernement a pris cette mesure uniquement pour des raisons électorales dans l’objectif de séduire les électeurs du Front National !», analyse-t-il. Pour Pierre Chappard, président de l’association AIDES, « une chose est sûre, les étrangers malades ne retourneront pas dans leur pays d’origine pour se soigner. Donc cette loi est contre productive, puisque si leur cas s’aggrave en n’ayant pas accès aux soins, cela coûtera à terme beaucoup plus cher à l’Etat. »

Joséphine, l’une des rares africaine à avoir participé au rassemblement, estime que la communauté afro-magrébine, qui, selon elle, est « la plus concernée par cette loi, devrait être plus présente dans ce type de mobilisation ». Et elle compte bien aller « jusqu’au bout pour défendre les droits d’êtres humains menacés. »

Une Commission paritaire devrait rendre son verdict mercredi. Le texte avait été adopté en première lecture par le Sénat le 13 avril. Alors que jusque là l’ancienne réglementation prenait en charge l’accessibilité des malades aux soins. Dorénavant le titre de séjour des étrangers malades ne sera accordé qu’en cas d’absence de traitement approprié dans leur pays d’origine.