Constitution du Bénin : Patrice Talon invite Boni Yayi à ranger ses gants


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Boni Yayi, ancien Président béninois
Boni Yayi, ancien Président béninois

Le Président du Bénin, Patrice Talon, a rassuré son prédécesseur, Yayi Boni, sur la Constitution à laquelle le dirigeant promet de ne pas toucher. Pour couper court à tout débat, le dirigeant a asséné que «la question de 3ème mandat est derrière nous ».

Alors qu’il s’exprimait en conférence de presse, ce jeudi 8 février 2024, la chef de l’État du Bénin, Patrice Talon, est revenu sur un débat qui fait rage dans son pays. Il s’agit de la question du troisième mandat avec l’éventualité soulevée d’une modification de la Constitution. Le dirigeant ouest-africain a coupé court à tout débat sur la question.

Talon s’engage à défendre l’alternance

«Je ne veux pas qu’on touche à une seule virgule de la Constitution. Je l’ai dit aux députés de la mouvance (présidentielle, ndrl)», a dit le chef de l’État, toujours droit dans ses bottes. Patrice Talon insiste : « je ne demande aucune révision. La question de 3ème mandat est derrière nous », a dit le Président béninois. Patrice talon va plus loin, rassurant que « le Bénin est un autre pays. Nous avons tourné cette page».

Une déclaration qui met un terme aux rumeurs sur un éventuel troisième mandat évoqué par plusieurs acteurs politiques du Bénin. Déjà au cours de la 2ème édition du sommet citoyen ouest-africain sur la bonne gouvernance, l’alternance et la démocratie, tenue à Cotonou le 10 juillet 2021, Patrice Talon avait insisté sur la nécessité de la limitation du nombre de mandat dans son pays.

Proposition de révision de la Constitution

«Il convient de limiter les mandats», avait déclaré le Président béninois. «Quand on fait la balance, l’évidence est claire. Limiter les mandats est au profit du peuple, plutôt que de laisser les uns et les autres rester éternellement dans la fonction. Vous avez absolument raison de prôner l’alternance. Je m’en soucie pleinement et je m’engage devant vous à la défendre, à en être témoin», avait assuré le dirigeant.

Le lundi 22 janvier 2024, Patrice Talon a encore réaffirmé sa volonté de respecter la limite du nombre de mandats. C’était à l’occasion d’une séance de travail qu’il a organisée avec les députés du parti Les Démocrates, dans son palais. Il est donc clair pour les Béninois que leur Président n’en a pas l’intention et ne fera pas un troisième mandat à la tête du pays.

Boni Yayi monte sur le ring avec ses gants

Seulement, le 26 janvier 2024, le député Assan Séibou du Bloc républicain (mouvance présidentielle) a déposé une proposition de révision de la Constitution. Le projet prévoit une modification des dates des élections pour faire passer la Présidentielle avant les Législatives et Municipales. Ce qui a poussé Boni Yayi à sortir de sa réserve, en posant quelques questions.

« À 2 ans de la fin de son mandat, et alors que rien ne presse, pourquoi le Président Talon entreprend-il de réviser une seconde fois la constitution du 11 décembre 1990 ?… La Constitution du Bénin est ainsi devenue depuis le 7 novembre 2019 la Constitution du Président Talon ». Une Constitution « bavarde, réécrite avec légèreté, avec amateurisme par des mains suspectes », avait poursuivi l’ancien Président.

Pas de combat autour de la Constitution

« Que ce soit bien clair, si on ne révise pas la Constitution, on est sûr qu’en 2026, le mandat du Président prendra bien fin et qu’il quittera le pouvoir. Si on ne révise pas la Constitution, on est également en sécurité par rapport à la Cour qui ne pourra pas prétexter de la révision pour relancer la polémique sur la création d’une nouvelle République ou sur une éventuelle candidature du Président Talon », avait asséné Boni Yayi.

Selon l’ancien chef de l’État, « ne pas réviser, c’est ne prendre aucun risque avec Patrice Talon ». Des craintes soulevées par Boni Yayi, qui visiblement, n’était pas prêt à engager une nouvelle fois une confrontation avec l’actuel locataire du palais de la Marina. Sauf que, encore ce jeudi, Patrice Talon a demandé à son prédécesseur de sagement ranger ses gants. Il n’y aura pas de combat autour de la Constitution.

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Journaliste pluridisciplinaire, je suis passionné de l’information en lien avec l’Afrique. D’où mon attachement à Afrik.com, premier site panafricain d’information en ligne
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