Congo, Jeux Africains : à Kintélé, sport rime avec santé

11èmes Jeux Africains / Autour de Kintélé… Le sport, on le sait, c’est la santé. Mais à Kintélé, théâtre principal des 11èmes Jeux Africains, cette maxime populaire se vérifie peut-être encore plus qu’ailleurs. En effet, à l’occasion du principal événement sportif africain de l’année, un certain nombre de programmes de santé publique sont mis en œuvre pour le bien être des athlètes comme celui des spectateurs.

A l’occasion du principal événement sportif africain de l’année, les 11èmes Jeux Africains organisés à Brazzaville, un certain nombre de programmes de santé publique sont mis en œuvre pour le bien être des athlètes comme celui des spectateurs… Tour d’horizon.

Parmi les principales cibles de ces programmes de santé figurent le virus du VIH-Sida et autres maladies sexuellement transmissibles. À l’occasion des Jeux Africains, une grande campagne de prévention à destination tant des athlètes que des spectateurs a été lancée par le secrétariat exécutif permanent du Conseil national de lutte contre le Sida (CNLS), en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP).

Concrètement, près de 95 000 préservatifs, dont plus de 4 000 féminins, sont distribués aux sportifs sur les sites et dans les hôtels depuis le début des Jeux, le 4 septembre dernier. « C’est une campagne mondiale déployée à l’occasion de grands évènements, notamment festifs, pour encourager les jeunes à se protéger, quelle que soit la situation, et s’assurer que l’ambiance de festivité ne tourne pas au drame avec des grossesses non désirées ou des maladies sexuellement transmissibles », a expliqué Barbara Laurenceau, la représentante du FNUAP.

« C’est une excellente initiative », nous confie un athlète de demi-fond sous couvert d’anonymat. « Les relations amoureuses, durant les compétitions, c’est un secret de polichinelle. Les sportifs sont jeunes et très en forme. Je vous laisse donc imaginer le reste », conclut-il dans un sourire. « Nos hommes n’auront plus d’excuses désormais », avance, de son côté, une nageuse récemment médaillée. « Nous dire, je n’ai pas eu le temps de passer à la pharmacie, ou celle-ci est trop loin, ma chérie, cette fois-ci, ça ne marchera pas », ajoute-t-elle.

Mettre à disposition, de la façon la plus large possible, des préservatifs est une question vitale. « Nous avons dans tous les sites une équipe qui assure la sensibilisation et la distribution des préservatifs. Elle va là où les sportifs sont logés, place les préservatifs dans les bus pour qu’ils viennent se servir », explique l’assistant à la réponse sectorielle au Secrétariat exécutif permanent du Conseil national de lutte contre le Sida (SEP-CNLS), Charles Roger Diankembo, avant d’ajouter : « le sida ne connait ni célébrité, ni sportif, ni nationalité. Tous nous devons nous protéger pour être à l’abri du VIH/Sida ».

Autre adversaire à être vigoureusement combattu à l’occasion de ces Jeux Africains : la cigarette, dont les effets sont particulièrement nocifs pour la santé. Le 28 août dernier, la représentante de l’Organisation mondiale de la Santé au Congo, Fatoumata Binta Tidiane Diallo, avait réaffirmé « la nécessité d’avoir des Jeux sains et sans tabac ». Elle a, semble-t-il, été écoutée.

À Kintélé, la cigarette a mauvaise presse. « Il faut presque se cacher aux abords du site pour s’en griller une. Alors, imaginez à l’intérieur », témoigne Eric, un spectateur originaire du quartier de Bacongo. En effet, dans l’enceinte de Kintélé, fumer est strictement prohibé. De nombreuses petites affiches rouges sont d’ailleurs là pour le rappeler aux visiteurs. « C’est une excellente chose », s’exclame Géraldine, mère de deux adolescents qui assistent aux épreuves d’athlétisme. « J’ai deux enfants de 16 et 14 ans. Je ne veux pas qu’en venant ici, ils côtoient des fumeurs. Le sport et la cigarette, ça ne fait pas bon ménage », tient-elle à préciser. De fait, en se promenant dans les allées du complexe sportif de Kintélé, difficile de trouver des mégots. De ce point de vue, le pari semble donc avoir été remporté haut la main.

Mais la santé, ne l’oublions pas, c’est aussi le sport tout court. Une pratique sportive régulière permet de réduire les risques de maladies, notamment cardio-vasculaires. Désormais, avec les superbes infrastructures de Kintélé, les Palais des Sports, Gymnases et autres centre nautique… l’émulation créée à l’occasion de ces 11èmes Jeux Africains, les Congolais – les jeunes en particulier – n’auront plus d’excuses pour ne pas s’adonner à l’un ou l’autre de leur sport préféré et préserver ainsi au mieux leur capital santé.