Conférence mondiale sur le Climat à Nairobi

Nairobi accueille pour une dizaine de jours des milliers de délégués, scientifiques, militants associatifs, représentants gouvernementaux, réunis autour de l’enjeu écologique majeur de ce siècle : le réchauffement climatique.

Le réchauffement climatique n’est plus une hypothèse scientifique, une forme de modèle théorique sur lequel on pourrait philosopher : c’est une réalité objective déjà perceptible à de nombreux endroits du globe, aux pôles, où la fonte de la calotte glaciaire s’accélère, mais également aux Etats-Unis, où le désordre des saisons est de plus en plus évident, avec une multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, en Polynésie, où certains atolls commencent à souffrir de la montée des océans, en Afrique, où la désertification des régions arides gagne du terrain, et ainsi de suite… Sans même parler du Kenya lui-même où la sécherese a gravement déstabilisé l’économie agricole de certaines régions au cours des dernières années…

On pourrait multiplier l’énumération des zones sensibles directement concernées par les effets directs ou indirects du réchauffement de la planète. Certains phénomènes sanitaires atypiques sont déjà observés, tels que l’apparition du paludisme au Sud de la France, dans les zones marécageuses de la Camargue…

Un sommet hors du commun…

A partir de lundi 6 novembre 2006, les experts du monde entier, représentant 5 continents et 200 Etats, ainsi les militants associatifs sensibles à l’importance d’une mobilisation citoyenne rapide autour de ces thèmes seront donc ensemble à Nairobi, au Kenya, pour faire évoluer la prise de conscience des Etats du monde, et entraîner peut-être des mesures plus radicales que celles qui jusque là ont été négociées, et pas toujours appliquées…

…Pour des objectifs historiques

Premier objectif : la consolidation des acquis réunis sous le titre général de « protocole de Kyoto », afin d’obtenir une réelle inflexion des politiques industrielles et une réduction significative de l’émission des gaz à effet de serre par les pays développés. Il faut savoir que malgré Kyoto, les émissions de gaz à effet de serre par les pays industrialisés continuent de progresser, au lieu de diminuer!

Deuxième objectif : mieux impliquer les pays en voie de développement, notamment les Pays du Sud et ceux d’Afrique en particulier, dans la lutte contre le réchauffement du climat. A ceux qui n’ont pas pris encore le train du « tout polluant », il est temps encore de proposer un autre modèle de développement, le « développement durable », qui passe par l’utilisation d’autres sources d’énergie que le pétrole et le gaz, et la mise en place d’autres procédés industriels, au service d’une croissance propre.

Une profonde et durable récession en perspective

Une évaluation économique vient de jeter un froid dans le monde des grandes multinationales, et de faire passer une frisson dans le dos des boursiers mondiaux. Sir Nicholas Sterne, économiste anglais, vient de chiffrer les effets financiers d’un réchauffement climatique analogue à celui que prévoie désormais « le consensus des experts » : avec un coût supérieur à 5 500 milliards d’Euros, les conséquences de ce phénomène climatique sur l’économie mondiale pourraient être catastrophiques, plongeant les 5 continents dans une profonde et durable récession.

De quoi faire réagir les élites économiques et politiques de la planète? La suite après la Conférence…