Côe d’Ivoire : Gbagbo sera jugé par la CPI de manière « définitive »

La Cour pénale internationale a confirmé, ce jeudi, qu’elle allait juger l’ex-Président ivoirien Laurent Gbagbo pour crimes contre l’humanité.

L’appel de la défense a été rejeté. La Cour pénale internationale (CPI) va bel et bien juger l’ancien Président Laurent Gbagbo pour crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire. La CPI a rendu sa décision, ce jeudi, de manière « définitive ». La date d’ouverture du procès va bientôt être déterminée.

La CPI, qui avait douté de la solidité du dossier dressé par l’accusation contre Laurent Gbagbo, a finalement penché en faveur de l’accusation et avait retenu, en juin, quatre charges de crimes contre l’humanité contre l’ancien Président. Celui-ci est notamment accusé, avec son entourage, d’avoir « ordonné, sollicité, encouragé ou contribué de toute autre manière » à commettre des meurtres, viols, actes inhumains et persécutions. Laurent Gbagbo est accusé d’avoir fomenté une campagne de violences afin de se maintenir au pouvoir après l’élection présidentielle de novembre 2010 à l’issue de laquelle Alassane Ouattara est ressorti vainqueur.

« Une justice des vainqueurs »

Des crimes ayant été également commis à l’encontre des pro-Gbagbo, les proches de l’ex-Président, qui dénoncent « une justice des vainqueurs », réclament que Ouattara soit lui aussi poursuivi pour crimes contre l’humanité. Plus de 3 000 personnes avaient été tuées en cinq mois de violences.

De son côté, la défense qui avait demandé à la CPI l’autorisation d’interjeter appel, a assuré que la Cour avait « refusé d’examiner les conséquences du fait que le procureur n’avait pas enquêté à décharge ». « Cependant, la défense n’a pas identifié de question concrète (…) qui aurait pu avoir un impact essentiel » sur la décision de confirmer les charges, a soutenu la CPI dans sa décision.

Si Laurent Gbagbo, 69 ans,l est jugé coupable, il sera le deuxième ancien chef d’Etat africain à être condamné par la CPI, Charles Taylor, ancien Président du Liberia, étant le premier. Laurent Gbagbo dénonce un complot mis sur pied par la France afin de voir Ouattara arriver au pouvoir.