Coalition anti-Aqmi dans le Sahel

Lors d’une réunion en Algérie ce dimanche, les chefs d’état-major des armées d’Algérie, du Mali, de Mauritanie et du Niger ont décidé d’unir leurs moyens pour lutter contre Al Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi). Cette coalition va bénéficier des moyens militaires de l’Algérie et pourrait s’ouvrir à d’autres Etats de la région exposés aux actions de la mouvance terroriste.

Quatre pays du Sahel veulent unir leurs forces pour lutter contre le terrorisme dans la région. Lors d’une réunion ce dimanche au siège de la 6e Région militaire algérienne à Tamanrasset, dans le sud du pays, les chefs d’état-major d’Algérie, du Mali, de Mauritanie et du Niger ont décidé d’adopter une stratégie commune pour combattre Al Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi), responsable de plusieurs enlèvements dans la région. Il en ressort que les troupes des quatre pays seront positionnées à des endroits précis du désert sahélien, principal théâtre d’opération de la mouvance terroriste. La coordination sera assurée par une présidence tournante. Les quatre pays pourront bénéficier de l’expérience de l’Algérie dans la lutte contre la criminalité organisée et de ses importants moyens militaires. Le chef de l’armée algérienne, le général de corps d’armée Ahmed Gaïd Salah, a ainsi indiqué que son pays était prêt à mettre ses avions de combat à la disposition de ses alliés. D’autres pays à l’instar du Tchad et du Nigéria pourront rejoindre la coalition.

Cette entente obéit aux nécessités du terrain. Devenu Aqmi suite à son allégeance à au réseau terroriste international Al Qaeda, en janvier 2007, l’ancien Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) est sorti de sa base algérienne pour étendre son rayon d’action au Maghreb à la plupart des pays d’Afrique de l’ouest. La présence du grand désert du Sahara qui traverse dix pays [Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, l’Égypte, le Soudan, le Tchad, le Niger, le Mali, la Mauritanie]] facilite la mobilité transfrontalière des activistes du réseau. Notamment en cas de prise d’otages. Enlevés au Niger dans la nuit du 15 au 16 septembre, les [sept derniers otages de l’Aqmi, cinq français, un Malgache et un Togolais ont ainsi été transférés dans la zone de Timétrine, au nord-est du Mali voisin.

Dimanche à Tamanrasset, aucun calendrier du déploiement du dispositif coalisé n’a été communiqué. Cependant, le général Ahmed Gaïd Salah a appelé les pays du sahel à « respecter leurs engagements et à passer à l’action en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée et tous les autres phénomènes connexes ».