Chronique d’un transfert annoncé

Le transfert temporaire des activités de la Banque Africaine de développement d’Abidjan vers Tunis est effectif  ! La rumeur est devenue réalité depuis mardi dernier. Le désaccord vertement exprimé par les autorités ivoiriennes n’a eu aucune incidence sur la décision de la banque panafricaine qui veut assurer la pérennité de ses activités. Retour sur les raisons d’un départ controversé.

La Banque Africaine de Développement (Bad) a transféré de façon officielle, depuis le 12 février dernier, une partie de ses activités vers Tunis. L’Antenne temporaire de re-localisation (ATR) de Tunis accueille ainsi deux cent quatre vingt-dix employés de la banque de développement. Cent dix autres se retrouvent dans la capitale française et les effectifs non ivoiriens sont renvoyés vers leurs pays d’origine. La Bad applique ainsi son « plan de secours d’urgence » dans le cas où la Côte d’Ivoire serait déclarée en phase IV par les Nations Unies. Ce qui est actuellement le cas. La banque entend ainsi protéger son personnel, préserver la continuité de ses activités et prendre en compte « sa spécificité en tant qu’institution financière ».

Les autorités ivoiriennes assistent, mécontentes, au départ de l’organisation financière qu’elles ont officiellement critiqué. Lors du conseil des ministres du 11 décembre 2002, le président ivoirien exprimait son indignation « face à cette mesure injustifiée » et indiquait  » son refus et celui de l’Etat de Côte d’Ivoire de céder devant une telle décision, qui ne s’appuie pas sur des fondements justifiés mais plutôt sur de fallacieux prétextes et qui tend à discréditer le pays et à le spolier d’un droit qui lui revient », a rapporté le communiqué officiel.

Le siège de la Bad reste à Abidjan

Rassurante mais ferme, la Bad affirmait dans un communiqué de presse daté du 13 décembre 2002  » qu’il n’a jamais été question de transférer son siège hors du pays hôte, la Côte d’Ivoire ». L’organisation a par ailleurs rappelé, suite à son dernier conseil consultatif des gouverneurs (CGC) qui s’est tenu les 16 et 17 décembre à Accra (Ghana), que le siège de la Bad restait à Abidjan conformément aux dispositions de l’accord portant création de la banque.

La Bad est une institution panafricaine de développement appartenant à 53 pays africains et 24 pays non africains. Le CGC devrait se rencontrer les 17 et 18 février prochains à Accra pour « arrêter les orientations définitives quant à la re-localisation temporaire ».