Chine-Afrique : naissance d’un second pôle face à l’Occident ?

Le sommet de Pékin rassemblant 44 pays d’Afrique et les plus hautes autorités de la République populaire s’affirme comme l’acte fondateur d’un pôle des pauvres face aux USA et ses alliés.

Le forum Chine-Afrique qui s’est achevé hier à Pékin, inaugure un nouveau pôle dans le concert des nations.

44 nations africaines et leurs quelques 80 ministres des Affaires étrangères y ont participé sous la houlette du président Jiang Zemin. Ils ont adopté une déclaration commune qui est une véritable pierre dans l’ordre politique mondial et le leadership américain.

La  » déclaration de Pékin  » paraphée par l’ensemble des participants brocarde en effet la  » diplomatie des droits de l’Homme  » qui autorise l’Occident à  » imposer sa volonté à autrui  » et  » s’immiscer dans les affaires intérieures des autres « .

 » Les pratiques visant à politiser les droits de l’Homme et à assortir l’assistance économique de conditions en matière des droits de l’Homme sont à condamner vigoureusement, parce qu’elles constituent en elles-mêmes des actes de violation des droits de l’Homme « , ont déclaré les signataires.

Accès préférentiel

La Chine qui tente, visiblement avec succès, de se positionner comme le grand frère des nations en développement a assorti le ralliement des ses alliés africains à une offensive sans précédent sur ce continent. Pékin a annoncé la suppression de la dette contractée par les pays les plus pauvres à hauteur d’1, 2 milliard de dollars. Les autorités chinoises souhaitent que ce geste suscite un effet d’entraînement auprès des autres créanciers de l’Afrique, qui rechignent à effacer l’ardoise de 320 milliards de dollars entravant son développement.

Le Forum s’est achevé sur une déclaration du Premier ministre chinois, Zhu Rongji affirmant vouloir  » remédier  » au déséquilibre des échanges avec l’Afrique. Les ministres du Commerce extérieur ont adopté un texte stipulant que  » les deux parties sont d’accord pour continuer à réexaminer et à conclure si nécessaire des accord en vue d’encourager un accès préférentiel au marché chinois en faveur des pays africains « . En outre  » La Chine encouragera ses entreprises à importer en priorité des produits africains « .

Les échanges sino-africains représentent moins de 2% de la totalité des échanges extérieurs chinois. Mais ils ont progressé de 17, 2% en 1999, puis de 67% sur les huit premiers mois de l’année, flirtant avec la barre des 7 milliards de dollars. Des chiffres qui laissent entendre que Pékin a décidé de faire de la collaboration avec le continent noir une priorité hautement stratégique.