Chine-Afrique : l’économie au beau fixe en 2010

Les relations commerciales sino-africaines se portent bien, selon le Livre blanc publié ce jeudi par les autorités chinoises. Les onze premiers mois de l’année 2010 enregistrent une hausse des échanges de 43,5% par rapport à l’année précédente pour s’établir à 114,8 milliards de dollars. Une performance qui surpasse le record de 2008.

Les échanges entre le continent africain et la Chine ont atteint 114,8 milliards de dollars (87,7 milliards d’euros) pour les onze premiers mois de l’année 2010, soit une hausse de 43,5% selon les autorités chinoises qui ont publié ce jeudi le Livre blanc sur la coopération économique et commerciale Chine-Afrique. C’est un nouveau record qui s’établit après celui de 2008 où le niveau des échanges avait atteint plus de 106 milliards de dollars. Le document de 29 pages publié par le Bureau de l’Information du conseil des Affaires d’Etat est une première. Il fait, entre autres, l’historique des relations sino-africaines. Ainsi, Radio Chine internationale rappelle que les investissements chinois en Afrique ont démarré dans les années 1980. Entre 2000 et 2008, le taux de croissance moyen des échanges commerciaux a été estimé à 33,5%. En 2009, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du continent africain. L’investissement direct a atteint cette année-là 1,44 milliards de dollars américains.

Les investissements directs, qui mobilisent aussi bien les grands groupes, les PME que les particuliers, ont fait un bond en six ans en passant de 490 millions de dollars, en 2003, à 9,33 milliards de dollars en 2009. Ils concernent en majorité la pétrochimie, l’outillage, l’électronique, le transport et les télécommunications. Encouragés par un dispositif public qui comprend notamment le fonds de développement Chine-Afrique, les investissements directs se sont diversifiés. En Afrique, les Chinois sont aussi bien présents dans le secteur minier et industriel que dans les finances, la production et la construction, le tourisme et l’agriculture. Ce dernier secteur serait devenu une priorité pour les autorités chinoises qui ont mis en place 142 projets agricoles en Afrique, indique le Livre blanc. Aider « l’Afrique à résoudre ses problèmes de sécurité alimentaire est l’objectif fondamental de (la) coopération agricole », souligne Radio Chine internationale.

La Chine a atténué «l’impact de la crise financière mondiale» en Afrique

L’Empire du milieu investit dans 49 pays dont 33 ont signé avec lui des accords bilatéraux de « promotion et de protection de l’investissement ». L’Afrique du Sud, le Nigeria, la Zambie, le Soudan, l’Algérie et l’Egypte sont les principaux bénéficiaires des investissements chinois. En outre, la Chine œuvre à la mise en place de six zones de coopération économique et commerciale en Zambie, à Maurice, au Nigeria, en Egypte et en Ethiopie. Celle de la Zambie est déjà opérationnelle. « La Chine va encourager les échanges commerciaux avec l’Afrique, élargir la coopération, explorer de nouvelles méthodes de coopération et partager les bénéfices du développement avec les pays africains », selon Le Figaro qui cite le Livre blanc chinois. « La Chine et l’Afrique sont complémentaire dans de nombreux domaines d’investissement », soulignait pour sa part en octobre dernier Huo Jianguo, le chef de la Coopération économique et commerciale internationale (Caitec). La structure dépend du ministère chinois du Commerce.

Pour le Fonds monétaire international (FMI), la présence économique chinoise en Afrique a été salvatrice durant la crise économique. « L’exposition grandissante de la région à la demande asiatique a certainement contribué à atténuer l’impact de la crise financière mondiale et aidera à maintenir la croissance de certains pays sub-sahariens », indique un rapport cité par Le Figaro. En 2010, le FMI prévoit une croissance d’environ 5% pour les pays de l’Afrique sub-saharienne.