Chiluba laisse un pays exsangue


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Les élections présidentielles, législatives et locales sont prévues pour ce jeudi 27 décembre en Zambie. Le président sortant Frederick Chiluba, au pouvoir depuis 1991, laisse un pays ruiné économiquement. Zoom sur un ancien géant minier.

Les électeurs zambiens sont appelés ce jeudi 27 décembre à élire un président, cent-cinquante députés et mille deux-cent quatre-vingt-sept conseillers municipaux. C’est la première fois que les trois élections tombent au même moment et certains analystes parlent de la présidentielle la plus âprement disputée depuis l’indépendance du pays en 1964.

Les Zambiens devront faire leur choix entre onze prétendants au fauteuil présidentiel. Selon un sondage d’opinion réalisé par l’Institut de la recherche économique et sociale de l’Université de Zambie, Anderson Mazoka du Parti uni pour le développement national (UPND-opposition) et Lévy Mwanawasa du Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD) au pouvoir, seraient en tête des intentions de vote. Toutefois, ces résultats pourraient être très différents si la participation au scrutin est faible.

Pas de troisième mandat

A l’approche de ces élections, la situation politique s’est considérablement tendue en Zambie. D’abord, en avril dernier, l’actuel président Frederick Chiluba – qui avait succédé au président-fondateur Kenneth Kaunda en 1991 après une victoire écrasante et avait été réélu en 1996 – tente de changer la constitution pour briguer un troisième mandat, provoquant un véritable séisme au sein de son parti.

Face à la campagne virulente menée par le Forum pour la démocratie et le développement (FDD), principal parti d’opposition du pays, et à la pression populaire, il renonce finalement à cette idée. Pourtant, ces derniers mois, les instances au pouvoir n’ont pas hésité à arrêter et inculper des femmes et des hommes politiques ainsi que des journalistes, accusés d’avoir  » diffamé  » le président Chiluba.

La situation économique de la Zambie est tout aussi tendue. Le pays, de troisième producteur mondial de cuivre après les Etats-Unis et l’Union soviétique et principal pays riche du continent africain en 1964, est devenu l’un des pays les plus pauvres de la planète. La chute des cours du cuivre en 1975 porte un coup à son économie. L’industrie du cuivre, privatisée dans les années 90, reste pourtant l’une de ses principales ressources.

L’or rouge en chute libre

Le temps de l’or rouge est révolu même si celui-ci représente, avec le cobalt et le zinc, le plus gros des exportations zambiennes. Le Copperbelt, la région minière qui a fait les beaux jours de l’économie zambienne, est aujourd’hui en déclin. De 800 000 tonnes de métal en 1969, la production est tombée à 427 000 tonnes à la fin des années 90 et à 200 000 en ce début de troisième millénaire.

La Zambie est aussi confrontée aux problèmes de la dette, du sida – qui emporte chaque année ses travailleurs et ses ingénieurs – et des réfugiés. Quelques 225 000 réfugiés angolais se trouvent en ce moment en Zambie qui doit faire face à un nombre de plus en plus important de réfugiés en provenance de la République démocratique du Congo.

Les trois-quarts des Zambiens vivent en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins d’un dollar par jour et, de fait, la nourriture a été au centre de la campagne électorale. Le prix du maïs, nourriture de base du pays, a presque doublé ces deux derniers mois. Le sac de 25 kg est passé de 16 000 kwachas (4 dollars) à 40 000 kwachas (10 dollars), somme énorme pour une famille zambienne moyenne.

Les électeurs risquent d’aller voter le ventre vide et l’administration Chiluba n’a jamais été aussi impopulaire. Les opposants pointent les failles de ses choix : chantre de la privatisation, Chiluba a déréglementé la tarification des prix des denrées essentielles comme le maïs et le pays souffre d’un taux de chômage élevé dû aux réductions d’effectifs dans la fonction publique et le secteur privé.

Si la campagne électorale s’est déroulée dans un calme relatif, tous les politiques espèrent qu’il en sera de même pour le scrutin de jeudi. Trois cents observateurs de diverses organisations se déploieront dans les districts pour y veiller.

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