Changement climatique : l’Afrique passe à l’offensive

Le VIIème Forum mondial du développement durable consacré aux Changements climatiques s’est achevé ce dimanche à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. La Déclaration à laquelle a abouti ce forum sera le document de référence des États africains à la Conférence de Copenhague, en décembre.

Augmentation des températures, sécheresses, inondations, maladies… L’Afrique paie le prix fort du réchauffement climatique alors qu’elle est le continent le moins pollueur. Une équation inégale qui a de plus en plus de mal à passer dans les milieux diplomatiques africains où on observe un durcissement des positions.

L’Afrique réclame 65 milliards de dollars de dédommagement

« En tant qu’ Africains, nous n’allons pas passer notre temps à nous lamenter face au phénomène du changement climatique », avait prévenu le ministre burkinabè de l’Environnement et du cadre de vie, Salifou Savadogo, en ouverture du Forum vendredi dernier. Un appel à la contre-offensive largement entendu par les dirigeants africains qui s’étaient déplacés à Ougadougou ce dimanche. Le Président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping, a ainsi mis les pieds dans le plat en exigeant des pays pollueurs industrialisés « des réparations et des dédommagements » financiers. Deux jours plus tôt, le Président du Forum, le ministre Salifou Savadogo, avait inauguré le bal en chiffrant le montant de ces dédommagements à 65 milliards de dollars (soit 44 milliards d’euros).

Les propositions revendicatives tendant à rappeler aux pays du Nord leurs engagements ont aussi afflué. A l’issue du forum, la déclaration africaine commune, Déclaration de Ouagadougou, fait ainsi état de la décision des pays africains de « soutenir la réduction des gaz à effet de serre de 40% d’ici 2020 par rapport au niveau de 1990, pour les pays industrialisés ».

« Les responsables doivent s’engager à réduire leur émission de gaz à effet de serre et à répondre au principe « pollueur payeur », a déclaré M. Ping. Une position unanimement partagée par les chefs d’états du Bénin, du Burkina Faso, de la Centrafrique, du Congo, du Mali, et du Togo, ainsi que par certains des 4000 experts réunis. « Les grands pollueurs doivent participer à la tâche avec plus de moyens, plus de détermination et plus de capacité de réduction des gaz à effet de serre », a conclu le Président hôte, Blaise Compaoré.

L’Afrique parlera d’une seule et même voix à Copenhague

Attendus au tournant, les pays africains n’ont pas déçu quant aux attentes liées à l’adoption d’une position commune à tenir à Copenhague. En ce sens, la Déclaration de Ouagadougou née ce dimanche devrait servir de document de référence au Président burkinabè Blaise Compaoré, nommé Représentant de l’Afrique par ses pairs à la Conférence internationale de Copenhague qui débutera le 7 décembre prochain.

Ce rendez-vous capital risque cependant de ne pas être une partie de plaisir pour les Africains. Les propositions de dédommagements financiers ont d’ores et déjà suscité de vives réactions internationales, comme celle de l’ancien Président de la République française, Jacques Chirac, présent ce dimanche à Ouagadougou, et « résolument contre l’idée d’une compensation globale où l’Afrique serait dédommagée pour ne plus toucher à ses forêts ». Les pourparlers s’annoncent donc âpres et difficiles. Gageons néanmoins que le consensus auquel a abouti le Forum de Ouagadougou porte au moins quelques fruits…

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