Ces jeunes villageois qui se subtituent à l’armée pour combattre Boko Haram

Face à l’incapacité de l’armée de les protéger contre Boko Haram qui commet régulièrement des attaques et massacres dans le nord du pays, des jeunes villageois se sont constitués en milices pour combattre le groupe armé.

Boko Haram a ensanglanté le nord du Nigeria. Il ne se passe plus une semaine sans que le groupe terroriste n’y commet pas des attaques ou massacres à grande échelle. Les populations de la région vivent dans la terreur quotidienne. D’autant que l’armée ne parvient toujours pas à mettre un terme aux actes sanglants de Boko Haram.

Face à l’incapacité des autorités à trouver une solution définitive contre le groupe armé, à Gumsuri, des jeunes villageois se sont constitués en milice pour protéger leur village de la secte. On les nomme les Civilian JTF. Depuis près d’un an, malgré leurs faibles moyens logistiques, les Civilian JTF, se sont substitués à l’armée dans plusieurs zones du nord-est du pays, où les attaques de Boko Haram sont réccurentes. Selon ce villageois, « depuis un an, les insurgés ont tenté plusieurs fois d’attaquer Gumsuri mais les jeunes du village leur ont résisté ». Malheureusement, dimanche dernier, cette milice n’a pas pu faire face cette fois-ci à Boko Haram, qui a de nouveau attaqué le village. Les éléments du groupe armé ont enlevé au moins 185 femmes et enfants, selon les responsables locaux. Et les hommes qui ont tenté de résister à la nébuleuse ont été tués. Bilan : 32 morts.

Selon des témoins, les assaillants ont ensuite lancé des bombes incendiaires artisanales sur les maisons, brûlant une grande partie de Gumsuri. Les rescapés ont pu survivre après s’être enfui rapidement dans la brousse, souvent sans rien d’autre que les habits qu’ils portaient. Jeudi, plusieurs centaines d’entre eux sont finalement parvenus, épuisés, à Maiduguri, la capitale de Borno, après avoir erré pendant quatre jours dans la forêt. De peur d’être repérés dans leur fuite par le groupe armé, ils ont effectués des détours avant d’arriver à bon port, dans la ville de Maiduguri, pour pouvoir raconter leur calvaire.

Depuis 2009, Boko Haram a fait plus de 10 000 morts, provoquant le déplacement de nombreuses populations vers les pays voisins comme le Cameroun.