Centrafrique : Sangaris prolongée dans la polémique


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Le Parlement français a prolongé l’opération Sangaris ce mardi. La décision a été prise de façon unanime par les parlementaires français. Pour le parti d’opposition UMP qui critique l’isolement français sur le terrain, ce vote « ne sera pas un blanc-seing ».

Le vote au Parlement sur la prolongation de l’intervention française en Centrafrique a fait l’objet d’un débat sur les modalités de l’opération plus que sur sa durée en elle-même. Les partis politiques présents au Parlement avaient déjà annoncé leur intention de voter favorablement cette prolongation. Avec 428 voix contre 14 à l’Assemblée nationale et 328 voix contre 3 au Sénat, l’unanimité était presque totale. Cela n’a pas empêché les critiques de se faire entendre sur l’isolement français et le manque de visibilité de l’intervention à long terme.

« Pas un oui à François Hollande »

Le chef du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Christian Jacob, a vivement critiqué la manière dont était conduite l’opération par le président de la République, François Hollande. Il « n’est pas un bon chef des armées », car « un bon chef militaire vise des objectifs crédibles et affecte les moyens en conséquence », assène Christian Jacob. Le vote de son parti « ne sera pas un blanc-seing », précise-t-il. Ce n’est « pas un oui à une opération où la France est isolée, dramatiquement isolée », alors que le financement n’est pas assuré dans la durée, poursuit le chef du groupe UMP.

« Vous emmenez la France dans un piège terrible », elle « ne peut plus partir, sauf à prendre le risque insoutenable de déclencher un génocide dans ce pays », ajoute Christian Jacob qui a par ailleurs dénoncé la décision de François Hollande de réduire les effectifs de l’armée. Malgré toutes ces critiques, il justifie sa décision par son « sens de l’Etat », même si « d’aucuns pensent que François Hollande mériterait que nous lui disions non ».

Ayrault fait une nouvelle fois appelle à l’ONU

Le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, souligne les « réels progrès » effectués sur le terrain depuis le début de l’intervention française, les « difficultés » restent pour autant « considérables », dans son intervention à l’Assemblée préalable au vote. Il a appelé les Nations Unies à suppléer l’action de la France en Centrafrique.

« L’ONU doit notamment être en mesure de coordonner l’aide humanitaire, de préparer le désarmement et la réinsertion des combattants, ainsi que d’aider le gouvernement centrafricain à avancer vers les élections », explique-t-il. « Une opération de maintien de la paix sous Casques bleus nous paraît seule à même de répondre aux besoins de la Centrafrique », a répété une nouvelle fois le Premier ministre dans une prédiction qu’il voudrait auto-réalisatrice.

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