Centrafrique : près de 30 morts dans des heurts entre anti-balaka et ex-séléka

De nouveaux affrontements entre anti-balaka et séléka ont fait près de trente morts à Dékoa et à Bambari. Ces violences interviennent alors que le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian est en visite en Centrafrique.

Alors que le ministre français de la Défense en visite en Centrafrique évoquait un processus politique « en panne », celui de stabilisation sécuritaire du pays est encore loin d’avoir abouti. Ce dimanche, des anti-balaka ont attaqué des séléka dans la ville de Dékoa, dans le centre du pays, à environ 300 km de Bangui. Il s’agirait de représailles après le meurtre d’un jeune chrétien.

« Les combats ont commencé suite à l’assassinat d’un jeune de la ville qui est conducteur de taxi-moto. Il était en train de sortir de la ville pour ses activités lorsqu’il est tombé sur un groupe d’ex-séléka. Ils l’ont arrêté, ont enlevé sa moto avant de le torturer à mort. C’est lorsque les anti-balaka ont appris la nouvelle qu’ils ont attaqué les ex-séléka. Les combats ont eu lieu aux alentours de la base des ex-séléka de la ville », a précisé une source locale contactée par Centrafriquelibre.info.

Des habitants réfugiés près de l’église catholique

Ce média centrafricain évoque entre sept et neuf morts dans les deux camps après cette attaque qui aurait entraîné des mouvements de population à Dékoa. Des habitants ont voulu se réfugier dans le site des déplacés de l’église catholique. « Le calme commençait à revenir après le désarmement effectif des ex-séléka et des anti-balaka, désarment mené par les éléments de la MISCA qui sont dans la ville. Mais dès que les combats ont commencé, la population a regagné l’église, je pense qu’il sera encore difficile de la convaincre de regagner cette fois ci les quartiers parce que c’est la quatrième fois qu’on demande à celle-ci de rentrer à la maison mais à chaque fois, les combats les font revenir. Cette population en a marre d’être prise en otage de cette manière », a déploré une autorité locale de la ville.

Lundi, nouvelle journée de violences avec une attaque de combattants de l’ex-séléka et de groupes armés contre la cathédrale Saint-Joseph où étaient réfugiées plusieurs milliers de personnes, en majorité chrétiennes. Il y’aurait une vingtaine de morts au cours de ces heurts.

Des forces africaines de la Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique (MISCA) seraient intervenues et auraient réussi à stopper les combats entre les deux groupes armés.