Centrafrique : Modibo Sidibé à la tête de la mission d’observation électorale de l’UA

Modibo Sidibé

L’ancien Premier ministre malien Modibo Sidibé est nommé à la tête d’une mission d’observation électorale chargée de superviser le vote de dimanche, en Centrafrique.

Ils sont 1,8 million d’électeurs centrafricains qui sont appelés à élire leur Président ainsi que leurs députés, le 27 décembre 2020. Pour le bon déroulement du scrutin, l’Union Africaine (UA) a envoyé une mission d’observation électorale, avec à sa tête l’ancien Premier ministre malien Modibo Sidibé.

Un homme politique aguerri et qui a été longtemps au cœur du gouvernement malien, depuis Alpha Oumar Konaré (1992-1997), Modibo Sidibé fut président du Conseil de Médiation et de Paix de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Il a été également à la tête du Groupe d’experts et de diplomates chargés de rédiger l’acte Constitutif de l’Union Africaine, en 2000, et président de séances du Conseil de Sécurité des Nations Unies Mandat du Mali, entre 2000 et 2001.

Détenteur d’un doctorat en sciences pénales et criminologie (1983 à Aix-en-Provence), et d’un diplôme de l’École nationale de police du Mali (1977), l’ancien Premier ministre malien Modibo Sidibé est détenteur d’un certificat de droit des conflits armés obtenu en 1985 à San Remo (Italie). En plus de ses expériences en tant que chef de la diplomatie, entre 1997 et 2002, et du gouvernement sous le régime Amadou Toumani Touré, du 28 septembre 2007 au 3 avril 2011, Modibo Sidibé, devrait pouvoir mener à bien la mission qui lui a été confiée sur la Centrafrique.

Premières élections organisées depuis la signature, en février 2019, d’un accord de paix entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés à travers tout le pays. Le scrutin, qui fait l’objet de la mission de Modibo Sidibé, se déroule dans un contexte de crise politico-sécuritaire difficile. La campagne électorale, elle, ne s’est pas déroulée en toute tranquillité, mais marquée par des agissements de quelques groupes armés, entre autres.

Toutefois, le pouvoir en place n’a pas hésité à accuser l’ex-Président François Bozizé, renversé le 24 mars 2013 par les rebelles de la Séléka, de vouloir perpétrer un coup d’Etat. L’ancien chef d’État, qui a vu sa candidature invalidée, le 3 décembre, par la Cour constitutionnelle au motif qu’il « déroge au critère de bonne moralité inscrit dans le code électoral », ne semble pas encore diriger cette situation.