Centrafrique : les violences accentuent un grave risque de recul sécuritaire, prévient l’ONU


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Mankeur Ndiaye
Mankeur Ndiaye

La République centrafricaine est au bord d’un grand risque de recul en matière de sécurité. Cette alerte est de Mankeur Ndiaye, Représentant spécial du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans ce pays.

Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Centrafrique, Mankeur Ndiaye, a alerté sur un grand risque de recul en matière de sécurité suite au regain de violences post-électorales dans ce pays. « Depuis la vague de violences qui a précédé le premier tour des élections, a émaillé celui-ci et se poursuit, du fait de la nouvelle coalition dénommée Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), des connivences avec certaines personnalités politiques, notamment l’ancien Président François Bozizé, sont désormais établies », a-t-il déclaré.

Dans sa communication, M. Ndiaye a fait savoir que l’activisme des groupes armés fragilise la Mission de l’ONU en Centrafrique. « La République centrafricaine court un grave risque de recul en matière de sécurité et consolidation de la paix, ce qui pourrait saper tout ce que ce Conseil et les partenaires de la République centrafricaine ont contribué à construire. Cette situation de violences causée dans les régions par les groupes armés alliés – UPC, 3R, MPC, ainsi que certaines factions du FPRC et des anti-Balaka (…) met à l’épreuve les capacités de la Mission à assurer ses tâches essentielles de protection des populations civiles dans un contexte politico-électoral tendu, exacerbé par des clivages identitaires », a-t-il indiqué.

Un appel à l’augmentation de l’effectif

Devant les membres du Conseil de sécurité de l’ONU, ce jeudi, Mankeur Ndiaye a plaidé pour l’examen des mesures pouvant garantir une adaptation de la de la Mission des Nations Unies (MINUSCA) à la nouvelle situation.

« J’appelle ce Conseil à examiner les mesures les plus appropriées pour garantir une adaptation de la MINUSCA à la nouvelle situation », a-t-il dit. Si elles peuvent paraitre importantes en première approche (3 000 Casques bleus supplémentaires demandés), ces troupes additionnelles permettront à la mission de disposer d’un outil robuste et adapté à la menace. Proposition est donc faite de rehausser le plafond des Casques bleus autorisés à 14 650 soldats », a-t-il souligné. Il a en outre plaidé pour la prorogation de quelques mois de la coopération intermission en Centrafrique.

Face à la montée des violences post-électorales, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU a soulevé l’option de dialogue entre les acteurs politiques. « Par ailleurs, un dialogue renoué avec les éléments des groupes armés qui ont opté pour rejoindre la CPC, mais qui n’ont pas commis des crimes graves, va être fondamental pour cheminer sur un parcours de réconciliation qui puisse stabiliser le pays sans compromettre la recherche de la justice et de la lutte contre l’impunité », a-t-il ajouté.

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